Spectacles - À 86 ans, Salvador triomphe à Paris

Paris — C'est un véritable feu d'artifice mêlant chanson et humour auquel Henri Salvador s'est livré mardi soir, au Palais des congrès de Paris, à l'occasion de la «générale» de son spectacle prévu jusqu'au 15 février, avant de partir pour une tournée internationale.

Qui dit «générale» dit célébrités. Et elles sont venues en nombre pour faire un triomphe au toujours «très vert» chanteur de 86 ans.

Alain Delon, Line Renaud, le violoniste Ivry Gitlis, mais aussi Jean-Pierre Marielle, Samuel Le Bihan, Gérard Darmon et Marie-Christine Barrault étaient présents. Pour la musique, Eddy Mitchell, Sacha Distel, Philippe Lavil, Dani accompagnaient la jeune génération représentée par Raphaël, Martin Rappeneau et Thierry Amiel.

Côté spectacle, selon son habitude, Henri Salvador a égrené au fil des chansons sa très longue carrière, faisant part de souvenirs personnels, relatant l'origine de chaque chanson ou se rappelant que lorsqu'il est arrivé à Paris, «en 1924, il n'y avait pas d'automobiles», et sa surprise à la fin des années 20 en découvrant à Orly «la première femme chauffeur de taxi» qui donna à Boris Vian l'idée d'une chanson.

Et près de deux heures durant, Henri Salvador a tenu son auditoire en haleine, revisitant tout à tour Syracuse ou Jardin d'hiver, accompagné d'une formation jazz de 50 musiciens rehaussée d'un quatuor de cordes. Ainsi qu'on le fait aux États-Unis, il a terminé par un «boeuf», après plusieurs rappels, eux-mêmes ponctués au moins de trois ovations de près de cinq minutes chacune.

Ponctuant ses succès de ses célèbres fous rires ou de ses «petites phrases» qu'il s'adresse à lui-même, dont «Tiens, je vais me boire un p'tit gorgeon, mais faut que j'fasse gaffe, sinon je vais finir pété», Henri Salvador s'est littéralement donné en spectacle, racontant par exemple comment son producteur, Thierry Suc, l'avait «contraint à souscrire une assurance». «Mais vu mon âge, la prime équivalait aux indemnités de Jean-Marie Messier», a-t-il ironisé...

Car Salvador sait et aime jouer la comédie. Il l'a encore prouvé en terminant avec l'un de ses sketchs favoris, où il campe un acteur de publicité américain vantant tout au long de la journée une marque de gin dont il doit boire un verre toutes les heures. Le public en redemande.

Et quand il a chanté Avec le temps de Léo Ferré, on a eu beau réfléchir: avec le temps, Salvador lui, ne fait que se bonifier.