Consultations prébudgétaires - Séguin entendra l'ADISQ

L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) pourra se faire entendre. Après avoir remis son mémoire de recommandations au ministre des Finances, Yves Séguin, elle a finalement réussi à obtenir une audience dans le cadre des consultations prébudgétaires, dont la période a été rallongée à cause du grand nombre de mémoires déposés. La date n'est pas encore arrêtée, mais la rencontre pourrait avoir lieu le 23 ou 24 février prochain.

Selon le document de 40 pages qu'elle a présenté au ministre, l'ADISQ y va de quatre recommandations, pour la plupart prudentes, qui visent surtout à consolider ses acquis actuels et passés. Car si la production québécoise s'est renforcée depuis 25 ans, le contexte dans lequel elle se déploie aujourd'hui est en pleine mutation et fragilise ses acquis, selon l'association. Celle-ci note qu'à l'instar de l'industrie mondiale du disque, le marché du disque du Québec a aussi subi une baisse en valeur de 28 % de 1999 à 2002 et doit donc plus que jamais obtenir le soutien des instances gouvernementales.

L'ADISQ cible deux facteurs principaux de cette fragilisation, soit les nouveaux modes d'accès à la musique (notamment le téléchargement gratuit par Internet) et le phénomène de convergence qui concentre entre les mains d'un petit nombre de producteurs (souvent des multinationales étrangères) les différents produits musicaux dont la principale qualité est de générer le plus de profits. En conséquence, et tel que souligné à l'occasion de ses 25 ans d'existence, l'association entend faire de la lutte contre la culture de la gratuité et en faveur de la diversité ses principaux chevaux de bataille pour les années à venir. Mais elle ne veut pas faire cavalier seul et en appelle au soutien des instances publiques.

Sa première recommandation vise donc à maintenir les sources actuelles de financement, soit les aides sélectives de 9,5 millions de dollars provenant principalement du Programme d'aide à l'industrie du disque et du spectacle de variétés et les crédits d'impôt remboursables pour la production d'enregistrements sonores et de spectacles de variétés (chanson et humour).

Or, ces crédits ont vu leur taux et leur plafond être resserrés de 12,5 % dans les dernières années. L'ADISQ réclame donc, en deuxième lieu, l'annulation de ces mesures de réduction. L'association propose aussi d'étendre l'application de ces crédits d'impôt aux émissions télévisuelles quotidiennes (de type magazine de variétés).

Enfin, l'ADISQ souhaite que la Société de développement des entreprises culturelles demeure la principale structure qui mette en oeuvre les politiques québécoises sur l'industrie de la musique.

Le ton et le contenu de ce mémoire reflètent bien l'inquiétude ambiante dans l'ensemble du milieu culturel, qui craint des compressions à la veille du budget que le gouvernement déposera en mars. D'ailleurs, en début d'année, l'ADISQ avait tenté, en vain, de rallier le milieu artistique afin de faire converger leurs préoccupations communes quant à l'importance du financement de la culture, dans le contexte des consultations prébudgétaires. Car au-delà du souhait partagé de hausser le budget culturel, l'industrie culturelle et les milieux artistiques ont des besoins largement différents.