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Le tour du monde en cinq jours au Théâtre Prospero

La directrice artistique du Groupe de La Veillée, Carmen Jolin
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La directrice artistique du Groupe de La Veillée, Carmen Jolin

Par temps de replis, « il faut faire cet effort de s’ouvrir à l’autre, d’écouter les voix des autres pour comprendre que l’on appartient finalement tous au même monde », dit la directrice artistique du Groupe de La Veillée, Carmen Jolin.

Voilà la théorie. Et la pratique ? Elle se dévoilera dès mardi 5 avril au soir au Théâtre Prospero à Montréal d’où Territoires de paroles, première édition d’un festival de mise en lecture de textes pensés ailleurs pour mieux nous confronter à nous-mêmes, ici et maintenant, prendra officiellement son envol. Un tour du monde en cinq jours incarné par Paul Ahmarani, Évelyne de la Chenelière, Anne-Marie Cadieux, David Boutin, Maxime Denommée…

De la Norvège à l’Autriche, en passant par l’Allemagne, la Russie et Manchester, en Grande-Bretagne, le voyage est localisé, certes, mais vaste. Il se décline également sous la tonalité des mots posés sur du papier, loin d’ici, par Arne Lygre, Simon Stephens, Elfriede Jelinek ou encore Ivan Viripaev dont la pièce Oxygène, mise en scène par Christian Lapointe, a été récemment montée sur les planches du Prospero. Ce même Lapointe met d’ailleurs en lecture, mercredi soir, Temps universel +1, monologue sur l’amour et la mémoire de l’Allemand Roland Schimmelpfennig, porté « dans un morceau de bravoure », dit Mme Jolin, par Monique Miller.

La nature humaine dévoilée

« Ce sont des textes qui dressent tous le portrait de la nature humaine dans cette diversité qui nous ressemble et qui nous rassemble », poursuit-elle tout en précisant travailler depuis plusieurs années sur ce projet de festival. Dans Je disparais [texte présenté mardi soir dans une mise en lecture de Catherine Vidal], Arne Lygre parle d’une famille en exil pour évoquer l’identité dans des sociétés en mouvance, dans Winterreise (voyage d’hiver) [texte de la nobélisée Elfriede Jelinek sur lequel la dramaturge Angela Konrad a jeté son dévolu], on parle de la nécessité de maintenir la parole pour conserver son humanité. Jelinek dit : “Les mots nous sont nécessaires, parce que celui qui s’arrête de parler assassine peut-être juste après”. On est dans le présent, dans l’actualité. »

Une sociologie de l’étouffement passant par une femme dans la crise de la trentaine (c’est le texte Harper Regan de Simon Stephens), la nature humaine dans sa déchéance extrême pour mieux la confronter à la spiritualité (ce sont les 15 voix des Enivrés de Viripaev), les paroles du territoire que souhaite explorer le Prospero ratissent large, mais cherchent aussi à « pérenniser le mandat de La Veillée » qui s’est donné pour mission de faire circuler ici le théâtre imaginé dans d’autres sphères culturelles. « Nous vivons tous sur les mêmes pulsations, dit Mme Jolin. Et il faut des occasions de faire entendre ces paroles pour en prendre conscience ».

 

Au programme

5 avril : Je disparais, d’Arne Lygre (Norvège), mise en lecture de Catherine Vidal, avec Anne-Marie Cadieux, Benoit Gouin, Marie-France Lambert, Marie-Claude Langlois et Alice Pascual.

6 avril : Temps universel +1, de Roland Schimmelpfennig (Allemagne), mise en lecture de Christian Lapointe, avec Monique Miller.

7 avril : Harper Regan, de Simon Stephens (Grande-Bretagne), mise en lecture de Charles Dauphinais, avec Geneviève Alarie, Sophie Clément, Steve Laplante, Alice Moreault, Iannicko N’Doua, Richard Thériault.

8 avril : Winterreise, d’Elfriede Jelinek (Autriche), mise en lecture d’Angela Konrad, avec Alain Fournier, Marie-Laurence Moreau, Lise Roy.
 

9 avril : Les enivrés, d’Ivan Viripaev (Russie), mise en lecture de Florent Siaud, avec Paul Ahmarani, David Boutin, Maxime Dénommée, Évelyne de la Chenelière, Maire-Pier Labrecque, Daniel Parent, Marie-Ève Pelletier, Étienne Pilon, Dominique Quesnel, Évelyne Rompré.

Territoires de paroles

Mise en lectures de textes. Au Théâtre Prospero, du 5 au 9 avril.