Belle saison pour la création

«Vertiges», un spectacle immersif qui explore le temps qu’on cherche à saisir, à accélérer, voire arrêter, présenté à Espace pour la vie.
Photo: Guillaume Poulin «Vertiges», un spectacle immersif qui explore le temps qu’on cherche à saisir, à accélérer, voire arrêter, présenté à Espace pour la vie.

Du Quartier des spectacles au parc Jean-Drapeau en passant par le Musée McCord et le Planétarium, Montréal prend des airs de fête jusqu’en juin et invite le public à profiter de l’effervescence printanière.

Les jours s’étirent, le soleil, moins avare de ses rayons, fait tranquillement fondre la neige. Les beaux jours sont de retour et, avec eux, s’amorce pour une troisième année le Printemps numérique. Jusqu’au 21 juin — retour officiel de la saison estivale —, ce rendez-vous éclectique prend d’assaut la métropole, faisant germer aux quatre coins de la ville plus d’une centaine d’activités créatives.

Expositions colorées, visionnements immersifs et rencontres plus grandes que nature sont au programme de la saison. « Le Printemps, c’est une vitrine pour notre bouillonnant écosystème numérique, lance tout de go Mehdi Benboubakeur, responsable de l’événement. C’est l’occasion pour les Montréalais d’aller à la rencontre de ceux qui rêvent et qui créent le monde de demain. »

Photo: Caroline Hayeur «Lumisokea» à MUTEK, un festival international de créativité numériques et de musiques électroniques au Musée d'art contemporain de Montréal du 1 au 5 juin 2016

Parapluie événementiel

L’an dernier, le Printemps numérique qui est en voie de devenir un rendez-vous annuel, a attiré plus de 180 000 curieux, soit près du double qu’à la première édition en 2014. Cette année, le nombre d’activités ayant encore augmenté, l’équipe s’attend à en accueillir davantage.

« Il y en a pour tous les goûts, avance Vanessa Pilon, l’ambassadrice de cette saison créative. On a parfois l’impression qu’il faut être « geek » pour profiter de ce genre d’activités, mais pas du tout. Tout le monde a sa place, du jeune branché à la petite famille curieuse. » Des concerts de musique électronique aux soirées immersives en passant par les lumineuses projections extérieures qui permettent aux badauds pressés de s’imprégner de l’ambiance créative de la saison.

« Le Printemps n’est pas une activité en soi, note l’architecte événementiel. C’est plutôt une sorte de parapluie qui les recouvre toutes. La programmation regroupe l’ensemble des festivals, des incontournables créatifs pour permettre aux adeptes de cette culture numérique de se retrouver. » Parmi la centaine d’activités proposées, bon nombre ne relèvent pas directement du Printemps numérique.

Photo: Davai/FTA «Corps secret/Corps public» d’Isabelle van Grimde : des installations architecturales, sonores et chorégraphiques présentées à l’espace culturel Georges-Émille-Lapalme de la Place des Arts, dans le cadre du Festival TransAmériques.

Certaines sont même déjà des rendez-vous bien implantés dans le calendrier des Montréalais. On peut penser entre autres au Piknic Électronik qui fera vibrer la place de l’homme dès la mi-mai, au festival Eurêka ! et à ses expériences rocambolesques, au coloré et multidisciplinaire festival Chromatic…

De nombreux classiques, donc, mais également certaines nouveautés qui écloront pour une première fois à ce rendez-vous printanier. « C’est l’occasion pour le public de se créer un parcours, de revisiter des incontournables, mais aussi de tenter des expériences inédites », affirme la chroniqueuse Vanessa Pilon.

Montréal la pionnière

Si certaines activités s’adressent aux initiés, la plupart ont été conçues pour que tout le monde y trouve sa place. De fait, le Printemps numérique est l’occasion pour les artisans du milieu d’aller à la rencontre de la population. Et vice versa. Conférences, portes ouvertes de studios et 5 à 7 de réseautage sont au menu, offrant ainsi la possibilité d’aller jeter un oeil et de plonger, parfois le temps d’une soirée, au coeur de cet univers.

« Pour les passionnés qui travaillent dans ce domaine, c’est l’occasion de montrer aux gens leur savoir-faire et de se montrer un peu aussi », explique Mehdi Benboubakeur. C’est que les artisans du numérique sont des gens de l’ombre. « On ne s’en rend pas toujours compte au quotidien, mais le numérique est présent dans presque toutes les sphères de notre vie aujourd’hui, c’est un secteur qui est en train de changer la face de nos sociétés. »

Pour le responsable du Printemps, c’est une chance en or d’aller à la rencontre de ce bouillonnant milieu. Surtout que la métropole québécoise a réussi à se tailler une place de choix sur la scène internationale. « Les gens — autant le public que les dirigeants — ne saisissent pas toujours la portée de ce qui se fait à Montréal, insiste-t-il. Pourtant, peu de villes dans le monde peuvent se targuer d’avoir autant d’expertise, de cerveaux créateurs. »

« Montréal est un écosystème fascinant pour tout le milieu numérique et artistique, renchérit le maître d’oeuvre du rendez-vous. Nous avons la chance d’être l’endroit où de gros joueurs ont décidé de s’installer — on n’a qu’à penser à Ubisoft ou à Warner —, mais ça va plus loin que ça. Notre ville est le terrain de jeu de dizaines de studios indépendants, de petites entreprises qui font un travail incroyable. Montréal est un laboratoire vivant ! »

Printemps numérique, jusqu’au 21 juin.

Nos coups de coeur

Secrets et illusions. Les magiciens derrière les effets spéciaux de nombreuses productions cinématographiques ont un pied-à-terre à Montréal. Cette exposition, présentée à la Cinémathèque québécoise, est l’occasion de s’immerger dans leur univers éclaté. De mardi à vendredi, de 12 h à 18 h ; samedi et dimanche de 13 h à 18 h.

Festival Chromatic. Une exposition multidisciplinaire colorée qui offre une plateforme de rencontre aux créateurs d’hier et d’aujourd’hui. Du 19 au 25 mai.

SAT Fest. La Satosphère — cette boule argentée qui surplombe la SAT — intrigue. C’est l’occasion d’aller y faire un tour pour assister à une sélection éclectique de courts-métrages immersifs. Jusqu’au 8 avril.


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