Le MAL mobilise ses troupes pour sauver les budgets culturels

Le Mouvement des arts et des lettres (MAL) a décidé de convoquer une réunion spéciale des membres des conseils d'administration de ses associations et des conseils régionaux de la culture mardi prochain. Le MAL amorce ainsi une action préventive visant à éviter qu'un trou de 35 millions de dollars n'apparaisse dans les allocations destinées aux artistes par le ministère de la Culture au moment de l'annonce du budget, au printemps prochain.

Le MAL craint en effet que la hausse des frais d'immobilisation dans les budgets du ministère n'entraîne d'importantes compressions des sommes allouées aux créateurs. Cette hausse des frais d'immobilisation serait liée au fait que plusieurs projets immobiliers en lien avec la culture sont annoncés.

Le MAL se défend bien d'affirmer qu'il ne veut pas d'immobilisations pour abriter les activités culturelles de Montréal. Mais il tient à avertir Québec que pour maintenir les programmes dans leur état actuel, il faudra injecter au moins 35 millions de dollars de plus dans les budgets du ministère de la Culture.

En fait, le MAL demande que les budgets annuels du Conseil des arts et des lettres soient augmentés de 70 à 90 millions, que les sommes réservées aux budgets de création par la SODEC soit maintenues et qu'un filet de sécurité sociale soit établi. Ce filet de sécurité sociale faisait d'ailleurs partie du programme du Parti libéral du Québec en matière de culture.

Or, selon Bastien Gilbert, porte-parole du MAL et directeur du Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec, les actions du mouvement sont préventives, du moins pour l'instant.

«On est inquiets de tous les messages qu'on entend», a-t-il dit, faisant référence à la situation financière du gouvernement du Québec, aux intentions annoncées de diminution des impôts, etc.

L'organisme représente environ 15 000 artistes relevant de diverses organisations. Le MAL met également en avant le fait que le milieu culturel québécois ne «vit pas uniquement de subventions». Selon le MAL, les revenus autonomes constituent 50 % des revenus des organismes culturels, et cette portion s'est accrue au cours des dernières années, devant le recul du soutien public.