La Pinacothèque de Paris annonce sa fermeture

La structure ne touchant aucune subvention, son budget dépend essentiellement des recettes de sa billetterie et de sa boutique.
Photo: Jacques Demarthon Agence France-Presse La structure ne touchant aucune subvention, son budget dépend essentiellement des recettes de sa billetterie et de sa boutique.

La Pinacothèque de Paris fermera ses portes le 15 février, a annoncé vendredi 12 février la direction du musée privé, qui avait été placé en redressement judiciaire au mois de novembre.

L’établissement explique sa décision par une fréquentation en berne combinée à des loyers trop élevés dans le quartier de la Madeleine. « La Pinacothèque a subi comme tous les musées de Paris une chute impressionnante de visiteurs qui ne permet plus de conserver des sites aussi coûteux », explique Marc Restellini, son président, par communiqué.

Malgré de vrais succès de fréquentation depuis son ouverture, en 2003, le musée a perdu 20 % à 25 % de ses visiteurs au cours des deux dernières années, et met en avant un « climat économique mortifère lié en grande partie aux attentats du 13 novembre ». La structure ne touchant aucune subvention, son budget dépend essentiellement des recettes de sa billetterie et de sa boutique.

Sont actuellement loués 2000 m2 de surface d’exposition temporaire dans l’immeuble de la place de la Madeleine, et 3000 m2 supplémentaires sur deux niveaux dans un bâtiment voisin de la rue Vignon, où sont exposées des collections permanentes constituées de prêts de collectionneurs privés.

Cette fermeture interrompt prématurément l’exposition Karl Lagerfeld, a Visual Journey, consacrée aux photographies du couturier, initialement prévue jusqu’au 20 mars et qui clôturera donc lundi à 18 heures. Elle ne signifie pas pour autant la fin de la Pinacothèque. « Notre objectif est un redéploiement à moyen terme dans des locaux plus supportables économiquement », précise Marc Restellini, historien d’art et fondateur de la structure.

Son objectif est désormais d’ouvrir à Paris, « sous trois à quatre ans », une Pinacothèque « dédiée à l’art contemporain et une autre dédiée à la sculpture et aux arts premiers ». Les collections permanentes devraient être redéployées entre la future Pinacothèques de Paris et sa structure de Singapour. La Pinacothèque de Paris y avait déjà ouvert son premier site hors Europe, à la fin de mai 2015, avec l’exposition Le mythe Cléopâtre, une exposition déjà présentée à Paris en 2014. Cette antenne asiatique, qui s’étend sur 5000 m2 et trois niveaux, accueille des expositions temporaires et des collections permanentes, une galerie spécialisée dans l’art régional, une académie d’art ainsi que des restaurants et des boutiques.

M. Restellini a également fait part de son intention de développer de nouveaux projets de musées à l’étranger.

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