La qualité des spectacles ne sera pas négligée, selon Daniel Lamarre

Daniel Lamarre, le président-directeur général du Cirque du Soleil
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Daniel Lamarre, le président-directeur général du Cirque du Soleil

Le président-directeur général du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, parle « d’ajustements administratifs », au sujet du changement de garde survenu cette semaine à la haute direction du Cirque du Soleil. Il ajoute d’ailleurs que le Cirque du Soleil ne peut se permettre de négliger la signature artistique et la qualité de ses spectacles. Une lettre interne signée de M. Lamarre a en effet appris au personnel le remplacement de Charles Décarie, qui était depuis quinze ans directeur de l’exploitation, des spectacles permanents et des spectacles en tournée, était remplacé par l’homme d’affaires et avocat de formation Jonathan Tétrault.

« Je suis content de mettre la main sur Jonathan Tétreault qui est une vedette montante à Montréal », dit M. Lamarre, qui ajoute que les membres du conseil d’administration du Cirque, comme la Caisse de dépôt, ont été agréablement surpris de cette annonce. M. Lamarre relève le fait que Jonathan Tétrault a déjà géré les portefeuilles de grosses entreprises, mais qu’il a aussi une solide expérience sur la scène internationale.

Plusieurs départs

On sait que le Cirque du Soleil entend notamment développer son offre en Asie. Le Cirque a d’ailleurs ouvert un bureau à Shanghai, pas plus tard que le 4 janvier.

M. Lamarre affirme par ailleurs que Jonathan Tétreault travaillait depuis le mois de décembre au Cirque du Soleil. Lorsque Charles Décarie a annoncé son intention de quitter le Cirque du Soleil, il y a quelques jours, dit-il, il a saisi l’occasion pour lui donner le poste.

Le départ de Charles Décarie survient quelques semaines après celui de Diane Quinn, qui était vice-présidente des opérations créatives et artistiques, et qui a pris la direction du théâtre de l’Université Harvard.

« Diane est partie en très bons termes avec nous et on parle déjà de collaboration entre nous et le module de théâtre de Harvard », dit M. Lamarre, ajoutant que Mme Quinn pourrait ainsi apporter un nouveau « bassin de collaborateurs » au Cirque. Le Cirque n’a pas encore nommé de successeur à Diane Quinn. Le directeur des finances, Éric Marceau, a également annoncé son intention de quitter le Cirque, avec lequel il continue cependant de collaborer jusqu’au 31 mars, en attendant la nomination de son remplaçant.

Selon M. Lamarre, ces « ajustements administratifs » ne peuvent mettre en péril la qualité des spectacles donnés par le Cirque du Soleil. Le Cirque, dit-il, est une entreprise de création et de production. Ce domaine est présentement sous la gouverne de Jean-François Bouchard, qui demeure épaulé en cela par Guy Laliberté, qui continue d’être actionnaire de 10 % des actions du Cirque.

« Les gens nous jugent sur chaque production, dit M. Lamarre. Si les spectacles sont de moindre qualité, ça va être épouvantable. Les nouveaux propriétaires sont des gens d’affaires très aguerris qui ne peuvent pas se permettre cela. Ils ne veulent pas tuer ce qui a été le succès de l’organisation ».

Un reportage diffusé mercredi à Radio-Canada faisait état d’inquiétudes, au sein de l’organisation du Cirque du Soleil, à la suite de ces remaniements, entre autres en ce qui a trait au maintien des valeurs du cirque. Pour ce qui est de la création et de la production, « qui sont le coeur et l’âme de l’organisation, il n’y a aucun changement », soutient M. Lamarre.

Reste que le Cirque du Soleil s’est effectivement donné pour défi de renouveler son offre artistique.

Depuis la première de Toruk, une adaptation du film Avatar, à Montréal, le 21 décembre dernier, « le téléphone ne dérougit pas », dit M. Lamarre, d’appels de studios d’Hollywood qui souhaiteraient voir leur film adapté par le Cirque. L’expérience pourrait se répéter avec le spectacle Paramour, qui sera présenté sur Broadway ce printemps, et qui pourrait permettre au Cirque de percer le milieu de la comédie musicale, à Londres ou à Hambourg, par exemple. Le spectacle Luzia, sous chapiteau, prendra aussi l’affiche à Montréal cette année.

« Avec ces trois spectacles, dit M. Lamarre, nous créons de 400 à 450 emplois. »