Le Festival d’Angoulême donne la parole aux auteurs pour calmer la polémique

Le Festival se défend depuis deux jours des accusations de sexisme portées contre lui. Cette photo illustre le festival de 2013.
Photo: Lionel Allorge / CC Le Festival se défend depuis deux jours des accusations de sexisme portées contre lui. Cette photo illustre le festival de 2013.

Sortie de crise au Festival international de bande dessinée d’Angoulême qui, après deux jours de polémique sur l’absence de femmes dans sa liste des finalistes pour le Grand Prix de sa cuvée 2016, change les règles d’attribution de la prestigieuse reconnaissance. Cette année, pas de liste, pas de contrainte, les auteurs votants sont libres de choisir qui ils le désirent dans le vaste bassin de créateurs du 9e art, hommes et femmes confondues, ont annoncé les organisateurs jeudi.

« Le Festival soumet au libre arbitre absolu des auteurs l’élection du lauréat ou de la lauréate [cette année]. Aucune liste de noms de créateurs/créatrices du 9e art ne sera proposée à leur vote, a indiqué le Festival par voie de communiqué. Il leur reviendra de choisir, en toute liberté, le nom du confrère ou de la consoeur qu’ils/elles souhaitent élire en tant que Grand Prix. Le Festival espère ainsi que le processus d’évolution en cours de féminisation de la création dans le domaine de la bande dessinée trouvera, au moment que les auteur(e)s eux/elles-mêmes jugeront opportun, une forme de reconnaissance via ce Grand Prix. »

L’attribution de ce prix, qui doit se faire à la fin du mois, a déraillé au début de la semaine après que le bédéiste Riad Sattouf eut dénoncé l’absence de femmes dans la liste des 30 finalistes concourant pour cette reconnaissance. Une dizaine d’autres finalistes lui ont emboîté le pas, exigeant d’être exclus de la course.

Le Festival se défend depuis deux jours des accusations de sexisme portées contre lui en rappelant que les auteures de bédé occupent une place dans l’événement depuis sa fondation, et ce, sans recherche d’une quelconque discrimination positive. En 2000, la bédéiste Florence Cestac a d’ailleurs reçu le Grand Prix du Festival. Cette année, des 40 albums sélectionnés pour l’obtention de plusieurs prix, un quart est signé par des femmes qui composent moins de 15 % des auteurs de bande dessinée, un milieu traditionnellement masculin.