Un temps des fêtes ludique et féérique aux musées McCord et Stewart

Assïa Kettani Collaboration spéciale
«Le cirque de Monsieur Lapin» sera présenté au Musée McCord jusqu’au 17 avril.
Photo: Marilyn Aitken Musée McCord «Le cirque de Monsieur Lapin» sera présenté au Musée McCord jusqu’au 17 avril.

Ce texte fait partie du cahier spécial Musées

C’est en passe de devenir une tradition : chaque année, les musées McCord et Stewart proposent une exposition conçue sur mesure pour les plus jeunes, une virée en pleine magie de l’enfance juste à temps pour les vacances de Noël. Cette année, les deux établissements s’adressent aux 3-9 ans avec Le cirque de monsieur Lapin, au McCord jusqu’au 17 avril, et Les pères Noël débarquent au Musée Stewart jusqu’au 10 janvier. On en profite d’autant plus que les petits prix sont de mise : gratuit pour les moins de 12 ans au Musée McCord et gratuit pour tous au Musée Stewart.

Pour la 6e année consécutive, le Musée McCord puise dans sa grande collection de jouets anciens afin de proposer aux enfants un jeu de piste dans un univers ludique au charme suranné, placé cette année sous le thème du cirque. Carnet et crayon en main, les enfants sont invités à déambuler à la recherche d’indices parmi quelque 200 artefacts présentés dans des vitrines aux mises en scène parfois loufoques et toujours soigneusement pensées. Les plus vieilles pièces comprennent une lanterne magique et des disques de phénakistiscope du milieu du XIXe siècle ou encore un éléphant sur roulettes du début du XXe siècle.

Grande nouveauté cette année : le musée s’est associé à une maison d’édition, Les 400 coups, autour de la série de livres Monsieur Lapin parue en 3 volumes depuis 2010. L’auteur Pascal Hérault et l’illustratrice Geneviève Després ont mis la main à la pâte pour aider la conception de l’aventure, le premier au synopsis, l’autre aux décors. À la scénographie, l’équipe a fait appel à Martin Ferland, professeur de scénographie au Collège Lionel-Groulx et à l’École polytechnique, dont la feuille de route compte une soixantaine de décors pour des pièces de théâtre à Montréal ou ailleurs. L’ambition affichée était de « reproduire l’ambiance du livre », relate Guislaine Lemay, conservatrice. Le musée propose ainsi une aventure sur le modèle des quêtes du sympathique lagomorphe dans ses livres, où les couleurs, les textures et le trait du dessin ont été respectés. Les personnages du livre ont été empruntés pour guider le circuit : lapin, rhinocéros, hippopotame, phoque et brebis ont perdu leurs accessoires et demandent l’aide des petits yeux. On part alors à la recherche de trompette, cerceau, balle, cravate, chapeau, ombrelle sous un grand chapiteau aux couleurs éclatantes, dans une fête foraine ou dans les coulisses du cirque, à travers un parcours en trois étapes.

Ce que ça donne : « un livre au format d’une exposition », se réjouit Guislaine Lemay, d’autant plus que les décors et le synopsis ayant été créés spécialement pour l’occasion, on se retrouve au coeur d’un livre inédit, un 4e volume des aventures de monsieur Lapin, à découvrir en nature plutôt que sur papier.

L’exposition offre aussi un discours à deux niveaux, avance Dominique Trudeau, chef de l’action éducative. Car, pendant que les enfants se lancent dans leur quête ou se déguisent, les adultes peuvent s’offrir un détour du côté de l’histoire du cirque, puisque des photos provenant des Archives photographiques Notman dont le musée détient la collection sont également reproduites. On y découvre des images des premiers cirques débarqués en ville et le visage d’artistes connus, comme le célèbre Monsieur Tom Pouce haut comme trois pommes, vedette de cirque américaine de la 2e moitié du XIXe siècle.

Côté activités, l’heure du conte est prévue sous le chapiteau tous les jours pendant les vacances avec, thématique oblige, des lectures tirées des livres d’aventures de monsieur Lapin. Également au programme : un atelier en continu de fabrication de fanzines inspirés par le thème de l’exposition, guidé par un animateur. À noter que l’activité est conçue pour s’adresser à des enfants de tout âge, y compris les plus jeunes, avec des bricolages prédécoupés et des étampes.

Les enfants plus âgés pourront s’attaquer aux autres activités proposées dans le sac à dos remis à l’entrée du musée autour des expositions permanentes : un jeu de piste pour découvrir la collection Premiers peuples et un casse-tête en lien avec une oeuvre de Kent Monkman de l’exposition Montréal — Points de vue.

Les adultes pourront par ailleurs faire un détour du côté de l’exposition temporaire Montréal dans l’oeil de Vittorio pour plonger dans l’effervescence culturelle de la métropole des années 1950-1980 vue par l’affichiste montréalais d’origine italienne : affiches de concerts, d’expositions, de pièces de théâtre ou portant des messages sociaux ou écologiques, en passant par la naissance de la célèbre icône du festival Juste pour rire, passée à la postérité.

Le Musée Stewart présente quant à lui la 3e édition de l’exposition Les pères Noël débarquent au Musée Stewart : une collection d’une trentaine de figurines du père Noël recueillies sur 3 décennies, traversant les styles et interrogeant les multiples représentations (et évolutions) du célèbre personnage. Pour la plupart faites à la main par des artisans américains ou québécois, les figurines appartenaient à la collection privée de Liliane Stewart, défunte épouse du fondateur du musée férue de folklore hivernal. L’exposition compte un ajout de taille cette année : un imposant château de poupée au style rococo montré pour la première fois, dont les figurines s’animent au son de la musique.

Les activités proposées comprennent des jeux de piste pour les enfants de 3 à 9 ans, un cherche et trouve dans le château de poupée et un jeu d’observation à travers l’exposition de pères Noël. Une heure de conte, des activités de bricolages de cloches de Noël en continu sur des tables aménagées sont également proposées, ainsi que la projection de trois courts métrages : Taratata (1977) de Frédéric Back, Une vieille boîte (1975) de Paul Driessen et Hold-up au Far West (1964) de Jeff Hale.

Les deux musées seront ouverts tous les jours pendant la période des fêtes à l’exception des 25 décembre et 1er janvier.

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