Jean Bissonnette, Marie-Hélène Falcon et Serge Bouchard choisis aux Prix du Québec

Le réalisateur, metteur en scène et producteur Jean Bissonnette a reçu le prix Guy-Mauffette.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le réalisateur, metteur en scène et producteur Jean Bissonnette a reçu le prix Guy-Mauffette.

Jean Bissonnette, Marie-Hélène Falcon, Serge Bouchard et Marcel Boyer font partie des lauréats des prestigieux Prix du Québec. Ces prix veulent récompenser la carrière remarquable de différentes personnalités dans les domaines de la culture et de la science.

Le prix Guy-Mauffette (radio et télévision) est décerné au réalisateur, metteur en scène et producteur Jean Bissonnette. Travailleur de la première heure à Radio-Canada, il a également cofondé Avanti Ciné Vidéo. Derrière cet homme se cachent des pièces majeures de la télévision québécoise comme Moi et l’autre, Appelez-moi Lise, le premier Bye Bye et les Lundis des Ha ! Ha !.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, M. Bissonnette a été appelé à commenter la situation de Radio-Canada, frappé par plusieurs vagues de compressions budgétaires au cours des dernières années. Le vieux routier de la société d’État se montre néanmoins optimiste. « Le nouveau gouvernement est en train de rétablir plein de choses, alors ça, c’est encourageant », a-t-il commenté, en faisant référence au gouvernement nouvellement élu de Justin Trudeau.

Quand on lui demande s’il croit que Radio-Canada se remettra de ces compressions, il se montre encore là confiant. Ça ne reviendra « peut-être pas comme dans les belles années — parce que ça a été des années extraordinaires — mais ça va prendre une autre forme, j’en suis convaincu », a-t-il dit.

En cinéma, le prix Albert-Tessier est attribué à Martin Duckworth, cinéaste, réalisateur et chef opérateur. Depuis cinq décennies, M. Duckworth « regarde le monde par le filtre de la vie ouvrière, de la justice sociale, de l’expression dans les arts et de la résolution de conflit dans la paix. Pour lui, chaque film se révèle un agent de changement social », selon la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David.

C’est l’anthropologue, animateur radio, auteur et humaniste Serge Bouchard qui a reçu le prix Gérard-Morisset (patrimoine). Auteur d’une vingtaine de publications, il a animé de 2005 à 2011 De remarquables oubliés sur les ondes de Radio-Canada.

Le prix Athanase-David (littérature) est accordé à Pierre Ouellet, poète, romancier et essayiste, alors que le prix Denise-Pelletier (arts de la scène) est décerné à Marie-Hélène Falcon, directrice artistique, ex-directrice générale et artistique ainsi que cofondatrice du Festival de théâtre des Amériques, devenu le Festival TransAmériques. La botaniste et vulgarisatrice scientifique Gisèle Lamoureux a été décorée du prix Georges-Émile-Lapalme (qualité et rayonnement de la langue française) tandis que le prix Paul-Émile-Borduas (arts visuels et métiers d’art) est accordé au duo d’artistes Cozic composé d’Yvon Cozic et de Monic Brassard.

L’excellence scientifique à l’honneur

Côté science, le prix Armand-Frappier est attribué à Patrick Paultre, ingénieur en structures. Scientifique et administrateur de talent, M. Paultre a largement contribué au développement du génie parasismique et de la dynamique des structures.

Le professeur émérite en sciences économiques Marcel Boyer était pour sa part honoré d’avoir reçu le prix Léon-Gérin. M. Boyer est le cofondateur du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), une institution de référence mondiale. Il a de plus contribué à la valorisation des droits d’auteur au Canada. « C’est un prix très prestigieux. Je suis très honoré », a-t-il commenté.

« Je suis convaincu qu’il pouvait y avoir 25, 30, 50 autres lauréats qui auraient très bien pu être choisis dans ce grand domaine des sciences humaines et sociales », a-t-il affirmé au cours d’une entrevue. Il s’est d’ailleurs dit particulièrement honoré du fait qu’il ait été choisi par ses pairs pour ce prix.

Le prix Lionel-Boulet, lui, est remis à Tony Falco, physicien médical. Le Dr Falco a révolutionné la radio-oncologie en inventant l’imagerie par ultrasons 3D et 4D. Le prix Marie-Andrée-Bertrand est attribué à Benoît Lévesque, professeur émérite en sociologie économique, tandis que le prix Marie-Victorin est accordé au physicien centenaire Pierre Demers. M. Demers a posé, dans les années 1940, les premiers jalons du développement de la physique, notamment nucléaire, sur le plan national, et a ouvert la voie à la recherche scientifique québécoise.

Quant au prix Wilder-Penfield, il est décerné à Michel Chrétien, médecin.

Les prix seront officiellement décernés lors d’une cérémonie protocolaire qui aura lieu le 18 novembre prochain, à l’hôtel du Parlement. Une bourse de 30 000 $ sera remise aux lauréats.