Ly Djibril Hamet est décédé durant le congrès du PEN

L’œuvre d’Aline Martineau, une chaise qui représente les écrivains morts ou emprisonnés à cause de leur lutte pour la liberté d’expression, deviendra un hommage à Ly Djibril Hamet.
Photo: Virginie Tardiff L’œuvre d’Aline Martineau, une chaise qui représente les écrivains morts ou emprisonnés à cause de leur lutte pour la liberté d’expression, deviendra un hommage à Ly Djibril Hamet.

Le poète et écrivain mauritanien Ly Djibril Hamet est mort ce week-end à Québec, alors qu’il participait au 81e congrès du PEN International. Il venait de fonder le PEN Mauritanie.

Ly Djibril Hamet, 69 ans, est décédé après avoir été hospitalisé dans la capitale, dans la nuit de vendredi à samedi.

Ce militant pour la survie des langues mauritaniennes a déjà séjourné dans la prison d’Oualata. Il avait en effet été condamné à cinq ans de prison fermes en 1986 après avoir distribué le Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé. Il est aussi l’auteur de plusieurs pièces de théâtre, dont L’arbre à la cour criminelle. Sa langue maternelle était le peul, et il militait pour la promotion de l’ensemble des langues nationales mauritaniennes.

« Prête-moi une langue, pour Dire, la vérité, la parole belle, la parole sage, l’éloge, le pulaar, les autres langues », écrivait-il dans le poème Prête-moi, qui pourrait être inscrit sur une chaise qui sera exposée en son honneur à la toute nouvelle Maison de la littérature de Québec.

Ornement à la Maison de la littérature

Cette chaise, qui représente les écrivains morts ou emprisonnés à cause de leur lutte pour la liberté d’expression, a été créée par Aline Martineau et ornera en permanence la Maison de la littérature de Québec. Après le décès de Djibril Hamet, il a été convenu que cette chaise lui serait consacrée.

La Maison de la littérature de Québec dévoilera pour sa part l’ensemble de sa programmation mercredi de cette semaine.

Ouverte depuis quelques jours seulement, elle est établie dans un ancien temple méthodiste auquel a été annexée une construction moderne, sur la rue Sainte- Angèle, dans le Vieux-Québec.

« À la base, on avait le mandat d’installer le programme de la Maison de la littérature au complet » sur les lieux de l’ancien temple, explique Sergio Morales, de la firme d’architectes Morales qui a conçu la maison. « Mais ça n’avait pas de sens pour toutes sortes de raisons », dit-il.

Tout l’espace dédié à la création pure, qui abrite par exemple la résidence d’écrivain mais aussi les ateliers des bédéistes, a donc été logé dans une construction très moderne de laiton, aux côtés de l’ancien temple.

Le temple lui-même a entièrement été peint en blanc à l’intérieur. Avec ce blanc, poursuit Morales, « on laisse les objets parler », les livres en particulier, dont les couvertures colorées se détachent sur le fond immaculé.

Traversant les trois étages de la Maison, des escaliers autoportants en acier, blancs comme le reste, s’élancent en colimaçon, évoquant la forme d’une coquille au milieu de cet espace ouvert.

Cet édifice n’a été un temple méthodiste que pendant très peu de temps, poursuit Sergio Morales. Il a ensuite été occupé par une salle de spectacles. Et les balcons, les poutres, les bancs, et même les boiseries ont été déplacés au gré des usages.

« Alors, on a poursuivi dans cette veine », dit Sergio Morales.