cache information close 

Accusation de fraude fiscale - Prison avec sursis pour Florent Pagny

Versailles — «Florent Pagny est à jour de ses paiements d'impôts»: les avocats du chanteur, condamné hier par le tribunal correctionnel de Versailles à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des fraudes fiscales, ont tenu à rétablir la réputation de leur client dont les déboires avec le fisc ont défrayé la chronique.

D'autant que le tribunal a relaxé l'interprète de Ma liberté de penser — chanson destinée à dénoncer la pression de l'administration fiscale — pour le déguisement d'une avance sur recette en un prêt fictif, point de départ de ses ennuis avec le ministère français des Finances.

Pagny a néanmoins été condamné pour ne pas avoir payé une partie de ses impôts sur le revenu en 1996-97 et pour avoir détourné des objets saisis. La facture est lourde: outre la prison avec sursis et le paiement de ses arriérés, déjà effectué selon ses avocats, il doit payer environ 24 000 $CAN (15 000 euros) d'amende et verser environ 184 000 $CAN (115 000 euros) de dommages et intérêts au fisc — en tout: environ 215 800 $ CAN.

Le président d'Universal Music France, Pascal Nègre, poursuivi pour le prêt fictif consenti à la vedette de sa maison de disques, a lui aussi été relaxé dans ce volet du dossier.

Le 24 novembre dernier, le procureur du tribunal correctionnel de Versailles avait requis huit mois de prison avec sursis et environ 25 000 $CAN (15 000 euros) d'amende à l'encontre de l'artiste pour «complicité de profit» contre Pascal Nègre. Il a fait appel dès hier après-midi des relaxes des deux hommes.

«Satisfait» de sa relaxe, Pascal Nègre s'est interrogé hier sur la possibilité que les maisons de disques «prélèvent la TVA à la source». «Quand un artiste est installé, il a des conseillers, des comptables. Mais un jeune artiste qui se met tout d'un coup à vendre beaucoup de disques est débordé», a-t-il expliqué.

La justice reprochait notamment à Florent Pagny, 42 ans, d'avoir reçu un prêt d'environ 2,5 millions $CAN (1,5 million d'euros), prêt non imposable, qui aurait été en fait une avance sur droits d'auteur, eux bien imposables. Lors de l'audience, les prévenus ont rejeté cette interprétation des faits.

En mars 2001, le fisc avait par ailleurs envoyé les huissiers à Monfort-l'Amaury (Yvelines) au domicile du chanteur pour dresser une liste de biens à saisir: des bouteilles de vin, une Bentley, des oeuvres d'art, quatre motos, les trophées des Victoires de la musique et une brouette à moteur. Quelques mois plus tard, au moment de la saisie de ces pièces, elles avaient disparu.

«Satisfait» que les juges aient pris leurs «distances avec la version de l'administration», Me Alain Fouquet, l'avocat de Florent Pagny, a dit que son client a toujours voulu payer ses impôts. «S'il a résisté, c'est parce qu'il ne comprenait pas les sommes mises à sa charge.