Télécharger de la musique sans fausse note

C'est maintenant fait: Quebecor a inauguré hier matin le premier site Internet francophone de téléchargement de musique légal, archambaultzik.com, avec une banque initiale de 15 000 chansons, que le consommateur peut télécharger au coût de 99 ¢ l'unité.

D'ici quelques semaines, Groupe Archambault promet d'offrir quelque 300 000 pièces musicales, dont 25 % seront francophones. Le portail du site Internet accorde la priorité, en matière de promotion, aux produits francophones.

Ce site de téléchargement est conçu sur le modèle des quelques sites anglophones qui sont apparus ces derniers mois dans le monde pour contrer le piratage. Le site a été inauguré hier en grande pompe dans l'entrée du principal magasin d'Archambault, rue Sainte-Catherine à Montréal, en présence du grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau,

Mais il reste encore beaucoup à faire. Archambault affirme avoir conclu des ententes avec toutes les grandes multinationales de l'industrie du disque ainsi qu'avec 85 % des maisons indépendantes du Québec, mais des joueurs importants doivent encore se joindre au projet, dont Audiogram.

Et le succès réel du site demeure inconnu pour le moment. Le paiement peut s'effectuer par carte de crédit, mais le public-cible du projet, les 15-25 ans, n'a pas nécessairement l'habitude de sortir sa carte de crédit!

«Nous offrirons différentes façons de payer, par exemple des cartes prépayées qu'on pourra acheter dans nos magasins, ou encore des chèques-cadeaux», explique Natalie Larivière, présidente et directrice générale du Groupe Archambault. Autrement dit, on compte aussi sur les parents pour acheter à leurs ados des chèques-cadeaux ou des cartes prépayées plutôt que de laisser ces derniers télécharger la musique sur les sites illégaux actuellement contestés par l'industrie musicale.

Natalie Larivière ajoute qu'on souhaite vendre 70 000 fichiers musicaux par semaine. Les sommes recueillies dans le cyberespace seront réparties exactement de la même façon que dans les magasins «réels»: 70 % du montant sera redonné à la maison de disque, laquelle paie les droits d'auteur aux artistes.

Ce site de téléchargement payant est la deuxième étape d'une initiative lancée par Archambault en décembre, alors que tous les médias de Quebecor menaient une campagne de publicité contre le piratage avec différents artistes québécois.

Archambault prévoit installer dans les prochains mois des bornes de téléchargement dans ses différents magasins, pour les consommateurs qui n'ont pas accès à Internet haute vitesse chez eux. «Archambaultzik.ca» permet également de graver la pièce musicale sur un disque et de la télécharger sur un baladeur numérique ou un assistant numérique personnel.