Des spectacles en rafale

Une scène de Os, un projet collectif de la Beijing Modern Dance Company et du Snell Thouin Project. Photo :Chen Ruijun
Photo: Une scène de Os, un projet collectif de la Beijing Modern Dance Company et du Snell Thouin Project. Photo :Chen Ruijun

En danse, l'exubérance créative et la richesse des productions d'ici et d'ailleurs qui déferlent comme une rafale sur la première moitié de 2004 tranchent avec la catastrophe annoncée avant Noël: la fermeture du Festival international de nouvelle danse. Nul doute que les différents producteurs et diffuseurs de la scène de la danse ont cultivé l'art de façonner leur programmation. Mais fallait-il que ce soit au détriment d'un événement qui a largement contribué à l'essor de l'art dansant?

En attendant de répondre à cette question, quatre événements chorégraphiques sont déjà en branle (ou déjà passés) et donnent le ton de la saison. Actuellement à l'affiche, Un show western, la dernière création de Catherine Tardif produite chez Danse-Cité, ainsi que Limbes/Limbo, texte-hommage à Beckett, de Nancy Huston, mis en scène et interprété par Lin Snelling et Nathalie Claude, annoncent une saison sous le signe de la création chorégraphique québécoise.

En effet, avec Débranché, présenté au Gesù du 28 au 31 janvier, Pierre-Paul Savoie délaissera le multimédia qu'il a longtemps courtisé pour mieux retrouver l'essence de la danse. La même semaine, dès le 30 janvier, la nouvelle création de Pigeons International (Paola de Vasconcelos), Babylone, le jardin suspendu, mettra en scène un monde où se croisent les cultures et les genres à travers le théâtre et la danse. Après quelques années d'absence de Sylvain Émard sur la scène montréalaise, ce chorégraphe revient avec Pluie, duo pour un homme et une femme, qui constitue le premier volet d'un cycle de création intitulé Climatologie des corps. Chorégraphe prolifique cette année, Dominique Porte participe à son troisième projet de la saison en livrant sa nouvelle création, Plus seule qu'en solo, à l'Agora de la danse du 16 au 20 mars. Daniel Léveillé et Lucie Grégoire présentent également leur nouvelle création à l'Agora, respectivement en mai et en juin.

Autre événement actuellement en cours, la deuxième édition de Définition non applicable, présentée au Gesù, à Tangente et au MAI jusqu'au début février, fait écho à l'intérêt croissant des danses urbaines. Le retour de la bien-aimée compagnie de hip-hop Kafig (France) en témoignera une fois de plus avec sa nouvelle pièce, Corps est graphique, du 25 au 28 mars à l'Usine C.

Ébullition internationale

Dance In Japan, ce mini-panorama de la danse contemporaine japonaise présenté un seul soir la semaine dernière, n'a été qu'un avant-goût du foisonnement de rencontres interculturelles et internationales qui s'annonce.

D'abord, du 12 au 14 février à la salle Pierre-Mercure, la série Danse Danse accueille The Life Of Mandala du Tai-gu Tales Dance Theater de Taïwan, production à mi-chemin entre la tradition de l'opéra chinois et la danse contemporaine. Puis, le festival Montréal en lumière s'allie aux Grands Ballets canadiens (GBC) pour présenter Boléro et autres lumières sur Ravel, du Ballet de l'Opéra de Lyon, du 19 au 21 février. Les GBC multiplient les invitations en accueillant en outre Raymonda, du Ballet de Bavière, du 22 au 24 avril à la salle Wilfrid-Pelletier.

Mais les diffuseurs et compagnies plus modestes s'éclatent aussi en productions internationales. Pour sa série Big Bang # 3, à l'Agora de la danse du 25 février au 6 mars, Montréal Danse propose une pièce de la Coréenne Ae-Soon Ahn et de la Belge Karine Ponties, en plus d'une création de José Navas. À l'occasion de l'événement Danse en vol, du 22 avril au 1er mai, le Studio 303 reçoit, de Bruxelles, Maria Clara Villa-Lobos et les compagnies Roberta Dance et Fidget. Enfin, Tangente réitère ses Bancs d'essai internationaux du 5 au 8 février avec six jeunes artistes venus du Luxembourg, de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne et de la Slovénie. De retour chez nous, les GBC terminent la saison sur une note festive avec Pur Balanchine, du 20 au 29 mai, soirée consacrée au maître du ballet moderne dont on célèbre cette année le centenaire.

Jeunes prodiges et prometteuses reprises

Tangente a par ailleurs un joli programme de jeunes chorégraphes prometteurs, accueillant les nouvelles oeuvres de Karine Denault (12-15 février) et Dave St-Pierre (22-25 avril). L'incontournable théâtre de la danse émergente marque aussi le retour à la scène d'une grande dame, Gioconda Barbuto, ex-danseuse des GBC, qui livre le solo Respiro du 6 au 9 mai. Enfin, le jeune collectif Échine Dô recrute le talent de trois chorégraphes émergents — dont un italien — pour son nouveau spectacle au Monument-National, du 25 mars au 3 avril.

La saison s'annonce aussi riche du côté des reprises. La La La Human Steps ouvre le bal avec Amélia les 14 et 15 février au théâtre Maisonneuve dans le cadre du festival Montréal en lumière. Sur la même scène, du 10 au 13 mars, les GBC font revivre Minus One, collage d'extraits des oeuvres pleines de dérision du chorégraphe israélien Ohad Naharin, qui avait soulevé les foules lors de sa première présentation, en 2002. Tangente accueille de nouveau la performance désopilante Mono Subject de l'Allemand Thomas Lehmen.

Enfin, pour faire différent, la Cinémathèque québécoise propose, pour une deuxième année consécutive, Reel Dance On The Road, une sélection des meilleurs moments du Moving Pictures Festival of Dance on Film and Video de Toronto. Six programmes distincts prennent l'affiche du 27 janvier au 1er février, dont Le Défi, première réalisation de Bianca Li, metteur en scène en vogue du théâtre musical français.