L’Acadie et l’enfance en mots et en musique

Le poète acadien Gérald Leblanc est décédé il y a dix ans.
Photo: L’Acadie nouvelle Le poète acadien Gérald Leblanc est décédé il y a dix ans.

Il recrutait des poètes jusque dans les écoles secondaires de Moncton, a fondé une maison littéraire, a fait l’Éloge du chiac, mais a aussi voulu joindre le plus grand nombre de francophones, du Nouveau-Brunswick et d’ailleurs. Il a écrit Moncton, mais aussi New York, a aimé l’Acadie d’aujourd’hui.

Le poète acadien Gérald Leblanc est décédé il y a dix ans. La relève qu’il a contribué à créer lui rend hommage au Festival international de littérature de Montréal (FIL) avec le spectacle L’Acadie n’est pas une carte postale, mis en scène par Éric Cormier, le 28 septembre prochain, au Lion d’or. Tous ont un « lien de fraternité » avec l’Acadien, explique Éric Cormier, qui dirige le centre culturel Aberdeen, à Moncton, où se croisent arts visuels, musique et littérature de la francophonie.

« Gérald Leblanc, c’est le père de la modernité littéraire acadienne, poursuit Cormier. Il a joué un grand rôle en tant que directeur littéraire des éditions Perce-Neige. »

Serge-Patrice Thibodeau, qui a pris la relève de Gérald Leblanc à la maison d’édition, sera du spectacle, avec Marie-Jo Thério, Fredric Gary Comeau, Marc Arseneau. On y entendra aussi les voix de Joseph Edgar, Georgette Leblanc, Daniel Dugas et Gabriel Robitaille. Jean-Paul Daoust, qui n’est pas acadien mais qui a été un grand ami de Leblanc, « le petit frère de Gérald », dit Cormier, lira les textes de Gérald Leblanc et animera la soirée.

La francophonie acadienne se porte bien, dit-il. Le chiac aussi. « Cette jeune énergie-là, on peut la voir avec les Lisa Leblanc et Radio Radio. »

« C’est justement grâce à cette émergence d’artistes qu’il se crée un sentiment d’appartenance auprès de la jeune génération et que l’Acadie se porte de mieux en mieux », dit-il.

Et Gérald Leblanc, croit-il, a été l’instigateur de ce mouvement de poésie et de musique.

L’Acadie, pourtant, n’apparaît pas sur les cartes, n’a pas de frontières et pas de limites. C’est une sorte de pays intérieur, un mélange d’histoire, de racines, de francophonie et de modernité.

Les poètes qui défileront au Festival ont tous connu Gérald Leblanc. Porteurs d’une Acadie que le poète a peut-être rêvée, ils liront des extraits de leurs propres oeuvres.

Loui Mauffette, pour pleurer un peu

Loui Mauffette, quant à lui, revisite sa propre enfance, à Vaudreuil, PQ, dans le spectacle Est-ce qu’on pourrait pleurer un tout petit peu, les 27 et 28 septembre à la Cinquième salle de la Place des Arts, un show qui a été d’abord créé pour la très intimiste salle Claude-Léveillée.

Mauffette y convoque différents poètes, de Jean-Paul Daoust à Charles Bukowski, d’Aimé Césaire à Samuel Beckett.

« Beckett, c’est le début de la parole », dit Mauffette, pour qui ce passage du spectacle évoque sa mère, devenue aphasique et butant sur les mots.

Variation sur l’enfance, le spectacle est « très chargé d’émotion ».

« Je me sers de ces poèmes pour exorciser une partie de mon enfance », dit-il, lui qui a perdu sa mère, sa soeur et son frère, de maladies diverses, au cours des dernières années.

Mais Est-ce qu’on pourrait pleurer un tout petit peu n’est pas amer, promet-il. C’est un spectacle qui est aussi « très physique ». Déjà, l’un de ses précédents spectacles, Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, faisait grimper les comédiens sur les tables et tourbillonner la poésie dans les airs. Mais le spectacle fait aussi un pied de nez à notre société « jovialiste » qui réclame « l’humour à tout prix ».

Mauffette y sera accompagné, entre autres, de Kathleen Fortin, de Benoît Landry et de Maxime Denommée, ainsi que de plusieurs musiciens.

La semaine prochaine, il sera temps, encore, de se rendre à la salle Claude-Léveillée de la Place des Arts pour entendre Louise Marleau et Jean Marchand convoquer Les femmes de Tennessee Williams, dans une mise en lecture de Lorraine Pintal.

L’Acadie n’est pas une carte postale

Lion d’or, lundi 28 septembre, 20 h.

Est-ce qu’on pourrait pleurer un tout petit peu ?

Par Loui Mauffette, Cinquième Salle de la Place des Arts.

Les femmes de Tennessee Williams

Dimanche 27 septembre, 15 h et lundi 28 septembre, 19 h.