Ubu et O Vertigo perdent la gare Dalhousie

Contrairement à ce que Québec leur avait promis, le théâtre Ubu et la compagnie de danse O Vertigo ne s'installeront pas dans l'ancienne gare Dalhousie du Vieux-Montréal. Le Devoir a appris que le ministère de la Culture préfère y loger la compagnie de cirque Éloize pour ainsi maintenir la vocation disciplinaire de l'ancienne permanence de l'École nationale de cirque (ENC).

La décision a été annoncée juste avant Noël aux compagnies montréalaises dirigées par le metteur en scène Denis Marleau et la chorégraphe Ginette Laurin. La décision a «consterné» les deux troupes, selon un employé d'une des compagnies.

Les directions respectives ont affirmé réserver leurs réactions officielles pour plus tard. De même, il a été impossible d'obtenir un commentaire du cirque finalement favorisé.

Québec justifie la décision par des motifs d'ordre budgétaire: le projet conjoint danse-théâtre aurait coûté tout près de cinq millions tandis qu'Éloize s'y installera pour quelques centaines de milliers de dollars. «Nous évaluons les économies à au moins 3,6 millions», explique Isabelle Melançon, porte-parole du ministère de la Culture. «En plus, le choix permet de conserver la vocation de l'immeuble.»

L'édifice appartient à la Société de développement de Montréal. Le feu vert au transfert de locataire, de l'ENC vers Ubu-O Vertigo, avait été donné en juin 2002 par le ministère, alors dirigé par la péquiste Diane Lemieux. «Nous cherchons des solutions de rechange pour Ubu et son partenaire», dit Mme Melançon.

L'École nationale de cirque a déménagé un peu avant Noël dans de nouveaux locaux, sur le site de la Cité des arts du cirque, dans le quartier Saint-Michel. Des retards sur le chantier ont différé le transfert, prévu en septembre dernier, au début de l'année scolaire. Éloize devrait prendre possession de l'ancienne gare au cours des prochains mois.