Le bilan du Forum Canada 2004 reste à faire en France

Paris - Le premier Forum canadien sur l'entreprise culturelle, qui a eu lieu cette semaine à Paris, a été un succès, selon ses organisateurs, mais son utilité est loin d'avoir convaincu tout le monde.

Il est vrai que cette manifestation de trois jours, mise sur pied dans le cadre du programme pilote «Routes commerciales», a coûté cher: le ministère du Patrimoine canadien, a-t-on confirmé, a déboursé 1,5 million de dollars pour mettre en contact des «entrepreneurs culturels» canadiens avec d'éventuels partenaires d'Europe et d'Afrique francophones.

Au cours des prochaines semaines, les retombées de ce forum seront minutieusement calculées par les fonctionnaires fédéraux et les fiches d'évaluation remplies par les participants seront soigneusement analysées. Mais déjà, le responsable de l'événement, Philip Stone, directeur général du commerce et de l'investissement au ministère du Patrimoine canadien, affiche sa satisfaction.

«Nous avons atteint nos objectifs, qui étaient d'améliorer les échanges, d'élargir les réseaux de contacts, de créer ou de consolider des partenariats, d'améliorer la formation, dit-il. La formule, qui était à moitié culturelle et à moitié commerciale, a été bien accueillie par les Français.»

Le Forum Canada 2004 a attiré plus de 600 participants: 230 Canadiens, 360 Européens (dont 330 Français) et une quarantaine d'Africains. Il faut dire que l'invitation était tentante: non seulement une grande partie des dépenses des participants étaient prises en charge, les frais d'inscription de plus de 500 $ qui leur avaient été demandés ont aussi été supprimés. «Les Européens et les Africains étaient réticents à l'idée d'avoir à payer pour être sollicités par d'éventuels partenaires», a justifié M. Stone.

La manifestation a donné lieu à un certain nombre de rencontres d'affaires: 260 rendez-vous «interentreprises» ont été organisés, indique-t-on, un chiffre normal.

Tout le monde, du reste, n'a pas trouvé son compte dans l'opération. Sous le couvert de l'anonymat, des participants critiquent la formule ou déplorent l'absence de «gros joueurs» venus du cinéma ou de l'audiovisuel. «Je suis mal placé pour me plaindre puisque j'ai été invité, ajoute un participant canadien, mais je me demande quand même si ça valait la peine de dépenser tout cet argent pour ça.»

Partenaire de la manifestation, le Consortium film format géant, qui regroupe 27 sociétés de production québécoises spécialisées dans le marché des films Imax, pense que oui. «Pour nous, les résultats sont très concrets, raconte le directeur général Philippe Turp. Nous avons eu des contacts avec trois producteurs français. Nous avons appris qu'en France, le format géant est désormais subventionné par le Centre national de la cinématographie, ce qui est intéressant pour les coproductions. Nous nous sommes rapprochés de nos confrères français, qui songent à créer leur propre consortium et éventuellement un regroupement francophone.»

La question est maintenant de savoir si ce forum canadien sur l'entreprise culturelle connaîtra un jour une deuxième édition.