350e anniversaire du régiment Carignan-Salières

En 1660, 1300 soldats du régiment Carignan-Salières partent conquérir le territoire au bénéfice d’une société qui ne compte alors guère plus de 3500 personnes.
Photo: BANQ En 1660, 1300 soldats du régiment Carignan-Salières partent conquérir le territoire au bénéfice d’une société qui ne compte alors guère plus de 3500 personnes.

Près d’un million de Québécois et de Nord-Américains sont des descendants de 285 soldats arrivés au Nouveau Monde sous les couleurs du régiment de Carignan-Salières.

À l’occasion du 350e anniversaire de l’arrivée du régiment Carignan-Salières, une douzaine de jeunes venus spécialement de Bordeaux ont revêtu des reproductions de l’uniforme d’époque devant l’hôtel de ville de Montréal. Ils portaient le chapeau, le justaucorps fait d’une laine médiocre, le haut de chausse et des bas de serge. Ces jeunes figurants étaient accompagnés de Stanislas de Courcelles, un descendant du gouverneur Daniel de Rémy de Courcelles qui débarque avec ses hommes à Québec, en compagnie de l’intendant Jean Talon, le 12 septembre 1665.

En 1660, la situation de la colonie française apparaît misérable. L’opposition vive des Iroquois bloque toute tentative d’expansion. Louis XIV, le « Roi-Soleil », a 26 ans lorsqu’il consent à envoyer en Nouvelle-France un détachement des armées de la Couronne : 1300 soldats du régiment Carignan-Salières partent conquérir le territoire au bénéfice d’une société qui ne compte alors guère plus de 3500 personnes. Les soldats du roi prennent la mer en 1665, après avoir vaincu les Turcs en Hongrie. Les bateaux qui les transportent arrivent un à un à partir du 19 juin.

Le régiment de Carignan-Salières va se battre contre des autochtones. Son action contre les Iroquois, des alliés de leurs opposants, consiste surtout à brûler des villages sans ménagement. De ces actions résulte un traité en 1667 qui assure, pendant près de deux décennies, un calme relatif qui permet l’expansion coloniale et l’arrivée de missionnaires voués à convertir les autochtones.

Le régiment démobilisé, les soldats qui désirent rester en Amérique se voient accorder une bande de terre le long du Saint-Laurent. Environ 400 acceptent de rester. Les noms de seigneuries des officiers du régiment marquent encore le paysage : Lavaltrie, Chambly, Lapocatière, Sorel, Saint-Ours, Berthierville, Boisbriand, Rougemont, Lanoraie, Carignan, etc.

Si les soldats du régiment Carignan-Salières ont eu une descendance importante, comme le soulignait mardi le Musée du Château Ramezay à l’occasion de la commémoration, on oublie souvent de mentionner que leur action a permis à 2000 autres colons de s’installer plus rapidement en Amérique française et de se reproduire.

1 commentaire
  • Danielle Groleau - Inscrit 15 septembre 2015 19 h 50

    D'ou viennent alors leurs enfants?

    Votre texte est très intéressant mais il ignore complètement le rôle des femmes ici. En particulier les épouses de ces soldats? Qui sont-elles? D'où viennent t-elles?