Le Vieux-Montréal en réalité augmentée

Lancée mercredi lors d’un événement à la place d’Armes, l’application est un guide audio et visuel du Vieux-Montréal.
Photo: Montréal en Histoires Lancée mercredi lors d’un événement à la place d’Armes, l’application est un guide audio et visuel du Vieux-Montréal.

Revivre les fortifications de 1689, les deux pieds sur l’asphalte chaud de 2015, et les mains sur un appareil électronique, c’est désormais possible. L’application mobile et gratuite Montréal en histoires, un projet soutenu à hauteur de 11 millions de dollars par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, permet de voyager dans le temps comme jamais.

Lancée mercredi lors d’un événement à la place d’Armes, l’application est un guide audio et visuel du Vieux-Montréal. Soixante arrêts, dont une douzaine agrémentées par l’expérience de réalité augmentée (perception virtuelle d’un lieu réel à vivre en temps réel), composent ce parcours « techno-historique ».

Le territoire couvert s’étale de l’édifice de la Bourse, à l’ouest, jusqu’à la gare Dalhousie, à l’est, soit un périmètre de 1 km2. Ceux qui l’expérimenteront dans sa totalité en ont pour cinq ou six heures, selon ses concepteurs.

Du « stop-motion »

Certaines capsules de réalité augmentée traversent les années en trois minutes. Celle sur les fortifications, à voir devant le Centre des sciences, s’arrête ainsi en 1804.

Le projet est piloté par l’organisme Montréal en histoires, dirigé par Martin Laviolette, connu autrement pour sa participation dans un festival de musique. Développée depuis sept ans, l’application est née dans un esprit de collaboration, notamment avec la firme Space Dream, qui en a assuré la conception.

Le Centre d’histoire de Montréal a offert son expertise et ses archives, mais les images proviennent aussi d’autres fonds, comme celui du Musée McCord.

BMO Groupe financier, dont le bâtiment fondateur de 1817 figure sur le trajet de l’application, et Bell sont les principaux partenaires privés dans l’aventure.

« On s’est posé la question : comment faire vivre le passé tout en lui étant fidèle ? confie Guillaume Langlois de Space Dream. On anime les archives, on fait bouger des éléments graphiques. On a découpé les personnages. C’est carrément du stop motion. »

La Ville de Montréal, qui s’est dotée en 2015 d’un budget 10 millions de dollars sur trois ans pour son plan d’action Montréal, ville intelligente, a investi 5 millions dans le cadre de l’Entente Montréal 2025, administrée par Québec.

Le soutien à ce projet numérique dépasse l’aide en argent sonnant, admet Harout Chitilian, responsable des technologies de l’information dans l’administration Coderre. Faciliter l’accessibilité à la réalité virtuelle est aussi une de ses préoccupations.

« Une centaine d’antennes WiFi sont installées dans le Vieux-Montréal. Est-ce que tous peuvent accéder à ces technologies ? Il faudra se poser la question. Les bibliothèques prêtent déjà des ordinateurs, des tablettes. Les bibliobus prêtent des livres. Est-ce que [ces bibliothèques ambulantes] prêteront-elles un jour des appareils mobiles ? Il faudra y réfléchir », reconnaît Harout Chitilian, également vice-président du comité exécutif.

Montréal en histoires servira de plateforme pour un autre projet mariant les origines de la ville à sa créativité numérique. La production Cité Mémoire, une oeuvre associant le duo de Michel Lemieux et Victor Pilon avec Michel Marc Bouchard, viendra agrémenter en mai 2017 l’application déjà accessible.

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