Les États-Unis remettent à l’Irak des antiquités trouvées en Syrie

Les États-Unis ont dit avoir rapatrié en Irak plus de 3000 antiquités volées depuis 2005.
Photo: Sabah Arar Agence France-Presse Les États-Unis ont dit avoir rapatrié en Irak plus de 3000 antiquités volées depuis 2005.

Bagdad — Les États-Unis ont remis mercredi à l’Irak des centaines d’antiquités irakiennes que leurs forces spéciales ont découvertes dans un raid à la mi-mai en Syrie lors duquel un haut responsable du groupe djihadiste État islamique (EI) avait été tué.

Certaines des pièces ont été exposées au Musée national irakien lors d’une cérémonie tenue en présence du ministre irakien des Antiquités, Adel Fahd Cherchab, et de l’ambassadeur des États-Unis Stuart Jones.

« Ces antiquités sont des preuves incontestables qu’EI […], au-delà de sa brutalité et de ses destructions, est également une bande criminelle qui pille les antiquités des musées et des sites historiques », a indiqué M. Jones. « Et bien sûr, son objectif est de vendre ces objets sur le marché noir », a-t-il ajouté.

Parmi les pièces présentées figuraient des statuettes, des bijoux et des timbres.

 

« Ces pièces datent de la période islamique », a indiqué M. Cherchab, selon qui c’est ainsi la preuve qu’EI est « blasphémateur », car il tire profit selon lui de ces pièces en les vendant.

« Ces pièces sont inestimables », a déclaré pour sa part Hakim al-Chammari, le chef du service des expositions au sein du musée.

« Les revenus qu’EI obtient en vendant de telles pièces sont utilisés par exemple pour financer ses opérations, acheter des armes, recruter des hommes », selon lui.

Trouvées par des commandos

 

Les responsables assistant à la cérémonie n’ont pas donné beaucoup de détails sur le lieu où les antiquités avaient été volées.

Elles ont été découvertes en Syrie à la mi-mai par des commandos américains qui effectuaient alors un raid lors duquel Abou Sayyaf, décrit par Washington comme le responsable financier d’EI, avait été tué.

En juin, le New York Times avait estimé que le raid avait permis au renseignement américain de glaner des informations précieuses sur la structure encore mal connue du groupe extrémiste.

 

En février, EI avait diffusé une vidéo montrant ses hommes dans le musée de Mossoul (nord de l’Irak) en train de faire tomber des statues de leur socle et de les détruire à coups de masse, les djihadistes jugeant qu’elles favorisent l’idolâtrie.

Mais des responsables et des experts estiment qu’EI a détruit uniquement des pièces volumineuses, se gardant les autres plus petites pour les vendre en contrebande.

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