Des festivals majeurs écopent à leur tour

Le Festival international de jazz de Montréal, les FrancoFolies de Montréal, le Festival d’été de Québec et le Festival Juste pour rire sont parmi les événements touchés.
Photo: Festival d'été de Québec Le Festival international de jazz de Montréal, les FrancoFolies de Montréal, le Festival d’été de Québec et le Festival Juste pour rire sont parmi les événements touchés.

Tout n’est pas que fête en cette saison de spectacles en plein air. Les foules accourent, l’argent… moins que prévu : les gros festivals sont à leur tour concernés par la vague de compressions du gouvernement du Québec.

La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a annoncé à huit de ces organisations des coupes pouvant représenter jusqu’à 12 % de l’aide qu’elle accorde, selon ce qu’a appris Le Devoir.

Le Festival international de jazz de Montréal, les FrancoFolies de Montréal, le Festival d’été de Québec et le Festival Juste pour rire sont parmi les événements touchés.

« Oui, il y en a, des compressions. On vient de l’apprendre. À la SODEC, ça arrive toujours tardivement », confirme Daniel Gélinas, directeur général du Festival d’été, qui devra gérer une baisse de « 6 à 10 % » des 400 000 $ qu’il reçoit de la SODEC.

Les coupes, qui n’ont été prévues ni dans le budget d’avril ni dans l’étude des crédits qui a suivi, concernent le volet Aide aux événements nationaux et internationaux. Cette enveloppe budgétaire fait partie du Programme d’aide à la diffusion en variétés que pilote la SODEC depuis plusieurs années.

Selon le rapport 2013-2014 de la SODEC, 29 entreprises s’étaient partagé 2 269 000 $. Il est difficile de savoir quelle part de cette somme est en jeu. Le rapport 2014-2015 n’est attendu qu’en août.

Selon Martin Roy, du Regroupement des événements majeurs et internationaux (REMI), outre les quatre événements déjà cités, la mesure affecte Montréal en lumière, Osheaga, le Rockfest de Montebello et ComediHa ! de Québec.

« Ce sont des informations parcellaires et préliminaires. Les festivals attendent encore les lettres qui le confirmeront », précise le directeur de REMI.

Nouvelle de dernière minute

Les festivals avaient jusqu’à la mi-mars pour déposer leur demande dans le cadre de ce plan d’aide. En temps normal, la réponse aurait dû leur arriver en mai. En apprenant le refus en juillet, les Francos, par exemple, sont obligées d’ajuster leur budget a posteriori.

Daniel Gélinas, lui, a appris la nouvelle à quelques jours de l’ouverture du 48e Festival d’été. Bien qu’il reconnaisse que la somme non versée (moins de 50 000 $) représente un petit montant dans l’ensemble de son budget de 23 millions, il n’apprécie pas cette décision de dernière minute.

« On nous demande d’être de bons gestionnaires, de rentabiliser [nos activités],commente-t-il, mais on ne peut pas planifier si on procède de la sorte. »

Il comprend cependant que l’État cherche à redresser les finances publiques. « On doit pousser à la roue, ce qu’on fait », dit-il.

« Ce sur quoi j’insiste, poursuit M. Gélinas, c’est qu’on ne peut pas vivre ceci toutes les années. Il faut voir le financement à long terme, avec des ententes pluriannuelles. »

Quelles sont les grandes visées de la SODEC ? Y aura-t-il redistribution de cet argent ? Les festivals estiment être laissés dans l’incertitude. Martin Roy, de REMI, croit qu’il y aura des ajustements pour un meilleur « accompagnement ». Il reste cependant sceptique.

« Est-ce que ça annonce une nouvelle ronde de compressions ? » s’inquiète-t-il.

Daniel Gélinas suppose qu’il s’en sortira cette fois avec les revenus qu’il tirera, notamment, de la vente de bière. Il brûle cependant d’envie de s’asseoir avec la direction de la SODEC et avec la ministre Hélène David.

« [L’argent de l’Aide aux événements nationaux et internationaux] devait stimuler l’industrie de la musique québécoise. Nous, on investit deux millions directement dans cette industrie, en plus de lui donner de la visibilité », dit M. Gélinas, qui pointe la présence cette année, au Festival d’été, d’une centaine de journalistes provenant de l’étranger.

Tout ceci n’est pas en péril, mais une véritable planification des budgets est essentielle, croit-il, pour respecter le rôle des festivals comme le sien.

1 commentaire
  • Jean-Marc Simard - Inscrit 10 juillet 2015 09 h 54

    Parti pris idéologique du PLQ !

    Alors que dans un autre article de ce journal on annonce une subvention d'environ 400,000.oo $ à une compagnie dont la production se situe dans la filière des pétrolières, ici on annonce une coupure d'environ le même montant aux festivals...Ne serait-ce pas là un parti pris idéologique grossier du Gouvernement Couillard en faveur des pétrolières au détriment du culturel...Peut-on dire alors que ce gouvernement ne favorise pas une économie sociétale proprement québécoise, mais plutôt une économie étrangère dictée par les grands prédateurs de ce monde ? Peut-on ajouter que ce gouvernement serait à la solde de ceux-ci, qu'il ne travaille pas pour le Québec et sa population mais plutôt pour le non québécois, l'étange venu d'ailleurs ?