Radio Centre-Ville en quête de soutien financier

Aux prises avec une situation financière précaire, Radio Centre-Ville croit avoir trouvé la manière de sortir la tête de l’eau. Son projet de centre interculturel L’Auditoire, qui ouvrira ses portes en juillet, est prometteur, mais la campagne de sociofinancement qu’elle a lancée il y a un mois peine à prendre son envol.

Le manque à gagner de l’organisme sans but lucratif, qui a soufflé ses 40 bougies cette année, frôle les 150 000 $. Son président, Ricardo Costa, l’explique par la perte d’une subvention annuelle de 100 000 $ provenant de Centraide, qui préfère désormais miser sur les organismes de première ligne, et l’effritement des subventions gouvernementales au cours des dernières années.

« Nous avons dû faire des coupes pour éviter de fermer. Nous sommes vraiment dans une situation de survie », affirme-t-il.

À la recherche d’une nouvelle source de financement, les responsables de la radio communautaire et multilingue ont choisi de mettre sur pied un projet de centre interculturel au rez-de-chaussée de l’immeuble qu’ils possèdent sur le boulevard Saint-Laurent.

Le centre L’Auditoire, qui devrait ouvrir ses portes le 13 juillet, comprend notamment un café et une salle multifonctionnelle mise à la disposition des organismes communautaires. Le 102,3 FM espère se remettre à flot grâce aux recettes de la vente de produits et de location de la salle.

Ce projet de 400 000 $ a été en partie financé par la Ville de Montréal (108 000 $). L’argent restant provient des coffres de la radio, qui a choisi d’hypothéquer son immeuble. La direction de la station a notamment frappé à la porte du ministère de l’Immigration et à celui de la Culture et des Communications en quête de soutien financier, mais sans succès.

« Si le gouvernement du Québec prenait ses responsabilités envers les communautés culturelles, nous n’aurions pas une dette hypothécaire et le projet serait rentable plus rapidement », déplore M. Costa.

Campagne timide

Pour assurer la viabilité de L’Auditoire, le président de l’OSBL a choisi de se tourner vers la communauté montréalaise. Il a lancé en mai une campagne de sociofinancement fondée sur la vente d’abonnements, avec un ambitieux objectif de 50 000 $. Mais en combinant les sommes amassées en ligne et en personne depuis 28 jours, le coup de pouce financier ne se chiffre pour l’instant qu’à 3000 $.

« Nous sommes en quelque sorte un cobaye au Québec en tentant une campagne de sociofinancement avec un objectif aussi élevé, précise Ricardo Costa. On a pris le risque pour voir ce que ça donne. »

Il explique que le centre verra le jour, que l’objectif soit atteint ou non, et compte sur les abonnements qui devraient s’ajouter lorsque les installations seront ouvertes au grand public.

« On a bon espoir que ce projet permette de financer la radio. La question est de savoir à quelle hauteur. Mais dans les faits, on croit que ce sera un projet rentable », ajoute le président.

À terme, il souhaite que cet espace devienne le reflet du contenu diffusé sur les ondes de Radio Centre-Ville : un mélange de rencontres et de débats permettant de faciliter l’intégration des différentes communautés montréalaises.