Le Pavillon Mont-Royal conviendrait à la musique actuelle

Le Nouvel Ensemble moderne (NEM), Réseaux ainsi que les Productions SuperMusique, les trois organismes musicaux qui convoitent le Pavillon Mont-Royal fermé depuis mai 2002, vont rendre publique une étude qui conclut que l'édifice est conforme aux exigences de leur projet.

Il y a presque trois ans que le NEM et ses partenaires travaillent à un vaste projet de complexe musical et technologique dans l'ancien département des arts visuels de l'Université de Montréal, qui a fermé ses portes en mai 2002. «On attendait désespérément l'appui de la ville, le petit chèque de moins de 10 000 $ pour nous aider à faire cette étude [de faisabilité]», indique Lorraine Vaillancourt, directrice du NEM.

En novembre dernier, lorsque le processus de mise en vente de l'édifice de l'avenue du Mont-Royal, temporairement suspendu, fut remis sur les rails, le triumvirat a décidé d'aller de l'avant malgré tout. «Il fallait qu'on ait le temps de faire l'étude de faisabilité avant que les choses ne s'enclenchent, en espérant qu'on pourra être sur la liste des candidats éventuels pour l'acquisition de ce lieu. On accouchera du document dans les prochains jours», explique Mme Vaillancourt. La Ville a finalement confirmé son appui en décembre et l'enveloppe budgétaire suivra en février.

Il faut dire que l'édifice en question, en face du parc Jeanne-Mance, est aussi dans la mire de promoteurs qui veulent en faire de luxueux logements en copropriété. Il leur faudrait cependant raser l'édifice original de 1929 qui, sans être classé monument patrimonial, jouit d'une valeur architecturale certaine.

Le projet du NEM aurait l'avantage d'éviter la démolition, selon l'étude menée par la firme d'architectes FABG (Faucher, Aubertin, Brodeur et Gauthier). «Il y a deux salles de concert qu'il faut loger dans cet espace-là, souligne Mme Vaillancourt. Ils ont réussi à tout caser sans toucher à la structure d'origine. C'est très enthousiasmant d'avoir franchi cette étape. On sait que c'est tout à fait faisable. Et on a besoin de ce lieu-là; le milieu de la musique est rendu là.»

La directrice du NEM croit aussi que l'Université de Montréal voit d'un meilleur oeil que l'édifice garde une vocation culturelle. Mais elle est consciente que la transaction demeure financière d'abord et avant tout. Le plus dur restera donc à faire: les trois organismes culturels devront convaincre des partenaires financiers, afin d'obtenir l'appui des différents paliers de gouvernement. «Il faut assurer un certain pourcentage du financement. Alors on espère bien trouver des appuis, dans le privé aussi», souligne Mme Vaillancourt.

Combien coûteraient les rénovations et la gestion d'exploitation du futur complexe musical? Jacques Drouin, coordonnateur du projet des trois organismes, refuse d'avancer des chiffres, de peur de saboter l'entreprise. Du côté de l'organisme Réseaux, on indique que «chaque organisme travaille là-dessus» en vue d'une rencontre la semaine prochaine». «Il est question qu'on crée une fondation pour assurer le roulement en attendant d'agrandir notre clientèle», note toutefois M. Drouin.