L’art de la fugue, ou le mélange des genres

Le spectacle de l'École nationale de cirque de Montréal «L'Art de la fugue» est présenté à la Tohu.
Photo: Roland Lorente Le spectacle de l'École nationale de cirque de Montréal «L'Art de la fugue» est présenté à la Tohu.

Des hommes qui dansent vêtus de tutus. Un barbu qui fait le clown du haut de son trapèze fixe. Les genres se confondent et se croisent dans le spectacle L’art de la fugue, le second des deux spectacles des finissants de l’école nationale de cirque de Montréal. Ici, chacun semble à la fois clown et acrobate, et bien que les numéros solos ponctuent la soirée, c’est le tableau collectif qui laisse au spectateur une empreinte marquante.

Au coeur de ce tableau, il y a pourtant le clown Aaron Marquise, mi-Tarzan, mi-chapelier fou d’Alice au pays des merveilles, qui reçoit pour le thé. Il convainc finalement un membre du public de le rejoindre sur scène pour revêtir le tutu, et éventuellement, comprend-on, l’épouser.

Dès le début du spectacle, on sent la marque de la danseuse et chorégraphe Hélène Blackburn, qui a collaboré notamment avec Jean-Pierre Perreault, pour le spectacle JOE, dans cette mise en piste où chacun, habillé de noir, se fonde dans un tout. Cette uniformité prend un tour plus spectaculaire lorsque le groupe entier se vêtira plutôt de tutus, jouant le caractère androgyne de chacun d’entre nous. Élément central du spectacle, les chaises, de la plus grande à la plus petite, sur lesquelles les artistes marcheront, dont ils se coifferont, qu’ils chevaucheront et avec lesquelles ils jongleront.

Il faut souligner la prouesse de Tatiana Weltzien-Straathof, dans son numéro d’équilibre, qui l’amène à danser littéralement dans les airs en se tenant sur une seule main. Barbu jusqu’à la poitrine, Eivind Overland s’amuse à bavarder la tête en bas, les pieds suspendus à son trapèze fixe.

Sur le plan de la pure performance, on relève le numéro de Korri Singh Aulakh, qui épate par son aisance sur le trapèze ballant. Inégal, voire un peu brouillon, l’ensemble aurait besoin d’être épuré, concentré, pour maintenir l’attention du public d’un bout à l’autre de la soirée.

Et Bach, dont les notes portent le spectacle, y est aussi pour beaucoup dans la sensation de poésie légère qui nous suit lorsque le spectacle est fini et que les lumières s’allument.

À noter, L’art de la fugue est le second de deux spectacles qui se succèdent jusqu’au 7 juin, le premier s’intitulant Les étinceleurs.

L’art de la fugue

De l’École nationale de cirque. À la Tohu jusqu’au 7 juin.