Espace F et Zoom sur ma région

Réginald Harvey Collaboration spéciale
<em>«Il y a à peu près 400 jeunes en moyenne chaque année qui reçoivent une formation de base, dans un cadre pédagogique en arts plastiques, sur ce qu’est la photographie numérique, avec un accent placé sur la mise en valeur de leur propre région»</em>, explique le directeur général d’Espace F, Gilles Arteau.
Photo: Espace F «Il y a à peu près 400 jeunes en moyenne chaque année qui reçoivent une formation de base, dans un cadre pédagogique en arts plastiques, sur ce qu’est la photographie numérique, avec un accent placé sur la mise en valeur de leur propre région», explique le directeur général d’Espace F, Gilles Arteau.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Mondes scolaire et municipal ont conjugué leurs ressources pour donner la possibilité à des jeunes âgés de 10 à 14 ans de se familiariser avec l’imagerie numérique d’aujourd’hui ; ils fixent des images qui dépeignent leurs milieux de vie dans les MRC de La Matanie et de La Matapédia.

Le projet Zoom sur ma région, devenu réalité depuis 2009, a reçu le prix Citoyen de la culture André-Daigle 2014, remis par Les Arts et la Ville et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Le centre d’artistes Espace F a lancé et pilote cette démarche en constante phase de réinvention depuis qu’elle a vu le jour il y a six ans ; aujourd’hui, ce sont aussi des ados plus âgés du secondaire qui partent en quête d’images pour réaliser des vidéos témoins de leur région.

Directeur général de cet organisme dédié en grande partie à la production et à la création dans le domaine des arts visuels à caractère numérique, Gilles Arteau retrace le parcours suivi : « Il y a à peu près 400 jeunes en moyenne chaque année qui reçoivent une formation de base, dans un cadre pédagogique en arts plastiques, sur ce qu’est la photographie numérique, avec un accent placé sur la mise en valeur de leur propre région. »

Après coup, ces jeunes, qui fréquentent des écoles réparties dans plusieurs communautés sur ce vaste territoire gaspésien, produisent, avec le soutien de leurs enseignants, un certain nombre d’images : « L’une de celles-ci est retenue pour deux expositions, respectivement à caractère local et régional, au cours de laquelle le public est invité à voter pour les clichés de son choix, ce qui vaut des prix à ces jeunes. »

 

La conjugaison des ressources

Gilles Arteau explique plus en détail la façon de procéder qui a été retenue : « C’est ce qu’on appelle un projet clé en main. Avec l’aide d’une conseillère pédagogique de la Commission scolaire des Monts-et-Marées, nous produisons un cahier d’accompagnement qui sert à suivre toute la progression de l’élève. On prépare aussi pour eux un tutoriel auquel ils peuvent accéder par voie numérique ; il contient toutes les solutions à des embûches techniques. »

Au sujet de la participation des élèves, il apporte cette information : « Les jeunes comprennent bien que c’est une occasion en or pour eux de mettre en valeur leur imagination, tout en ayant à leur portée des connaissances techniques qu’ils ont envie d’acquérir. Finalement, c’est peut-être plus problématique, dans un sens, de travailler avec les profs qu’avec ceux-ci parce que, évidemment, ça se déroule dans un contexte numérique ; sans en faire un absolu, ce qui serait trop facile, la manipulation des outils informatiques, pour la plupart des jeunes, c’est quelque chose d’ordinaire et de simple. » Il faut donc franchir toute une étape qui consiste à former le personnel enseignant, avant que le projet ne prenne forme dans les salles de classe.

Sur le plan de l’engagement municipal, il en va de même, comme le rapporte Gilles Arteau : « Quand un professeur décide de faire Zoom dans le cadre de son enseignement, de notre côté, on contacte la municipalité pour lui en faire part ; on souligne qu’on a besoin de son aide pour que les élèves trouvent des sujets pertinents et des conditions favorables pour l’exposition qui se déroulera dans ses installations. »

Les comités de développement locaux qui existent dans les municipalités autour de Matane sont mis à profit : « Ils deviennent des partenaires de Zoom avec l’école du même endroit pour tout le volet de la mise en valeur de leur propre environnement et pour l’exposition elle-même. Une telle complémentarité entre le scolaire et le municipal est nécessaire. »

 

L’échappée belle

La rencontre Théâtre Ados (RTA) a obtenu une mention spéciale dans la catégorie Citoyen de la culture André-Daigle 2014 pour le projet L’échappée belle. Échelonné sur une période de 16 mois, il s’agit là d’une création collective entre adolescents, aînés et artistes dont l’aboutissement se traduit par une oeuvre qui « témoigne d’un parcours formateur et riche pour des jeunes issus de milieux défavorisés où le décrochage scolaire est trop souvent une conséquence du manque de ressources, de motivation et de confiance en soi ».

Le jury qui a procédé à ce choix « salue la démarche structurante et éducative qui s’est tenue pendant 16 mois et qui a su rassembler des jeunes, des aînés et des professionnels du théâtre dans un projet intergénérationnel ».

Faites de la musique

Le Conseil régional de la culture du Saguenay–Lac-Saint-Jean a reçu lui aussi une mention spéciale : il a mis sur pied en 2009 le projet de la semaine Faites de la musique, qui se met en place en février de chaque année. À cette occasion, des « milliers de jeunes peuvent poser un geste musical en participant à un événement rassembleur d’envergure régionale ; il leur est donné de provoquer un contact musical avec un large auditoire ».

Selon le jury qui a attribué cette mention, « il s’agit d’un projet porteur qui rassemble les amateurs et les professionnels de tous âges dans des lieux de diffusion diversifiés et parfois inusités. Les thématiques sont originales et les objectifs sont nobles : démontrer les bienfaits de la musique. »