Un enrichissement collectif

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Passerelle Emmerson, dans la ville d’Edmundston, à l’automne
Photo: Ville d’Edmundston Passerelle Emmerson, dans la ville d’Edmundston, à l’automne

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Cyrille Simard est le maire d’Edmundston ; cette municipalité du Nouveau-Brunswick, qui compte plus de 16 000 habitants, figure comme la deuxième grande ville à majorité francophone hors Québec. Jean-Yves Poirier est le maire de Saint-Polycarpe, une petite municipalité d’environ 2000 habitants ; il est aussi le président du Conseil des arts et de la culture de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. Échanges avec ces deux élus qui sont convaincus de l’importance de la culture pour le développement des communautés.

Le maire Simard laisse savoir sur quels plans les activités culturelles s’inscrivent dans le vécu d’une municipalité : « Une ville qui est dynamique possède une expression culturelle qui lui est propre, qui mobilise les gens et les inspire ; il importe de la mettre en valeur, parce qu’il en va de la qualité de vie, sur un premier plan. » Il ajoute : « C’est aussi une façon d’assurer le développement dans toutes sortes de secteurs, car les artistes sont des gens qui contribuent à nous amener ailleurs dans un grand nombre de sphères d’activité. »

Il soulève un deuxième aspect de l’apport des arts et de la culture : « On parle de sa contribution à faire évoluer la municipalité en matière de l’image de marque qu’elle projette. Il y a aussi la dimension économique : c’est un vecteur de plus en plus important pour une ville qui veut se distinguer et attirer chez elle des touristes. »

De la politique à l’action

Edmundston fut l’une des premières villes au Nouveau-Brunswick à se doter d’une politique culturelle, au début des années 2000, ce qui lui a fourni l’élan propre à mettre en valeur les différentes formes de culture : « Elle sera bientôt renouvelée, et c’est vraiment l’élément rassembleur qui sert à intégrer toutes les démarches qu’on souhaite entreprendre de façon cohérente. »

Au nombre des réalisations qui ont vu le jour dans le cadre du plan d’action de cette politique, il cite le soutien et la mise en place d’événements, la promotion et la préservation du patrimoine, la mise en valeur des artistes et des productions ainsi que l’application, depuis un certain temps, d’une politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement public.


La participation citoyenne

Cyrille Simard considère que la ville et ses citoyens ont toujours manifesté une sorte d’engouement d’avant-garde envers les diverses manifestations d’ordre culturel, tant du côté de la musique que des arts visuels : « Évidemment, la présence ici d’une université et d’un collège communautaire entre en ligne de compte. »

Il y a plus. « On a également de nombreuses plateformes qui ont servi, au fil du temps, à assurer qu’il s’agissait là de quelque chose d’important en provenance de la base. Dans ce sens, on a assuré la réalisation du Temple de la renommée des arts, qui est unique en son genre au Nouveau-Brunswick ; ce sont les artistes eux-mêmes qui ont été à l’origine de la proposition de départ et qui ont conduit ce projet à bon port. »

Des retombées multiples

Le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier, baigne dans la sphère municipale depuis près de 30 ans. Depuis ses débuts, il a été témoin d’une évolution constante du secteur des arts et de la culture, qui, « au cours des dernières années, a pris un essor considérable ». Il retient trois axes autour desquels s’articule ce dossier : « Au point de départ, on parle de son impact économique, par la suite, de ses retombées positives sur la cohésion sociale et de son apport à l’environnement. »

Il insiste sur le volet écologique : « Ça me touche fortement, et, sur ce plan, la culture revêt différentes facettes. Sans elle, est-ce qu’on aurait autant parlé de paysages ? Aurait-on aménagé des schémas d’aménagement sur l’ensemble des territoires en prenant en compte la nature, le patrimoine bâti et l’architecture ? C’est là un gros morceau de tout le développement municipal. »

Il constate que « le bénévolat a de nouveau pris une place importante chez nous sur le plan culturel et à tous égards ; c’est tout à fait remarquable. Et, étant donné qu’on s’est doté d’un personnel dédié à la culture et à la vie communautaire, on est en mesure de quantifier l’engagement et la participation des citoyens et de mesurer les résultats qu’ils apportent. »

Un projet emballant

À titre de président du Conseil des arts et de la culture de la MRC, il souligne une manifestation culturelle qui lui tient à coeur, le projet Terre-Maires, qu’il résume ainsi : « Il consistait à relier tous les maires de la MRC de Vaudreuil-Soulanges à un artiste pour réaliser une oeuvre propre à chacun d’eux ; on en a ainsi produit 23, qui ont été exposées dans un kiosque durant le dernier congrès de l’Union des municipalités. »

L’exposition sera aussi présentée au colloque Les Arts et la Ville.