La réalité virtuelle en trois dimensions est à nos portes

Monique Savoie, la présidente et fondatrice de la Société des arts technologiques
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Monique Savoie, la présidente et fondatrice de la Société des arts technologiques

La nouvelle vague de développement de l’univers numérique se déploiera sans doute en trois dimensions, à travers l’usage de lunettes qui pourront immerger littéralement le spectateur dans l’univers des sites qu’il visite.

C’est ce dont discuteront de nombreuses sommités invitées à participer au deuxième symposium international sur les expériences immersives, IX, qui s’ouvre mercredi à Montréal, à la Société des arts technologiques (SAT). En d’autres mots, le Web de l’avenir pourrait être « corporellement habité », comme le dit Luc Courchesne, codirecteur de la recherche pour la SAT. Alors que les designers oeuvrant sur le Web sont présentement surtout des graphistes, ceux de l’avenir seront plutôt des architectes, poursuit-il.

Les participants à ce symposium international seront également conviés à réfléchir sur les racines de l’univers numérique de notre société, avant de se projeter dans l’avenir.

Quatre thèmes

La rencontre réunit des représentants des mondes technologiques, scientifique et artistique, et se déroule en quatre thèmes : l’expansion de l’univers immersif, son hybridation avec d’autres médiums, ses formes émergentes et sa « transcalarité » (absent du Petit Robert 2013, ce mot signifierait « applicable à différentes échelles », selon divers sites Web).

La conférence d’ouverture sera donnée par Vander Caballero, un Montréalais de l’industrie du jeu vidéo qui travaille précisément sur cette notion d’univers numérique en 3D à travers le jeu, « Time machine », présentement en élaboration. Pour faire le pont avec les racines du monde numérique, IX présente également une conférence de Scott Fisher, de Los Angeles, pionnier de la réalité virtuelle qui a notamment développé ce concept pour la NASA en 1985. C’est le laboratoire qu’il a fondé à l’Université de Californie qui a créé le concept d’Oculus Rift, ces lunettes qui permettent de projeter une réalité virtuelle autour de soi. D’Ottawa, la SAT reçoit le philosophe Pierre Lévy, qui travaille sur le thème de l’« intelligence collective », qui découle notamment de l’usage collectif que l’on fait d’outils comme Google, par exemple.

Rémi Quirion, neuroscientifique et scientifique en chef du Québec, présentera une conférence sur les thèmes de l’infiniment petit et de l’infiniment grand.

Hommage à Buckminster Fuller

Ce n’est pas un hasard si l’ouverture du symposium se tient à la Biosphère, sur l’île Sainte-Hélène. Le symposium et la Société des arts technologiques rendent en effet hommage à son architecte futuriste, Richard Buckminster Fuller, qui l’érigea en tant que pavillon des États-Unis lors de l’Expo 67. La fille de Buckminster Fuller, Allegra Fuller Snyder, sera d’ailleurs à la cérémonie d’ouverture du symposium.

Le dernier jour du colloque, une table ronde réunira des spécialistes qui discuteront des héritages transmis par les visionnaires que furent l’architecte américain Richard Buckminster Fuller, le penseur de la communication canadien Marshall McLuhan et le scientifique québécois Pierre Dansereau.

Cette deuxième édition du symposium IX de la SAT est courue, dit-on, par des représentants de Microsoft et d’Apple. La plupart des conférences se tiennent le matin, alors que des démos sont présentées dans l’après-midi. Le soir est consacré à la projection d’oeuvres complètes.

On pourra notamment voir les projets élaborés dans le cadre d’une collaboration entre cinq villes : Dresde, Athènes, Vienne, Plymouth et Montréal, et pour lesquels de nombreuses résidences se sont déroulées à Montréal. 60 % des participants au symposium proviennent d’ailleurs de l’extérieur de Montréal.