Un monde de chansons à Saint-Côme

Le festival offre une joute d’impro trad chantée.
Photo: Créations Tempête Blanche Le festival offre une joute d’impro trad chantée.

C’est un monde de chansons de labeur, de comptines et de chansons à bercer, de ballades, de complaintes et de plaintes à la mort, de chansons à répondre et à danser. Nous entrons à Saint-Côme, dans Lanaudière, capitale de la chanson traditionnelle du Québec et première municipalité à l’avoir officiellement désignée comme élément de son identité. Ici, on la célèbre de mille et une façons et, ce samedi, on organise la 7e Grande Fête du chant traditionnel de Lanaudière, un événement qui comprend un atelier de transmission, le lancement du parcours touristique Le Chant du monde, des remises de prix, un cercle de chant et une joute d’impro trad chantée.

« Saint-Côme est une région de chanteurs avec un répertoire unique qui est resté dans un petit bassin un peu fermé et difficile d’accès par sa conjoncture géographique au bout de la route 343 », explique le porte-parole Michel Bordeleau, lui-même un sacré chanteur. « Jusqu’à l’apparition des groupes comme La Bottine souriante dans les années 1970, le répertoire est resté cloisonné, puis on a commencé à le collecter et les gens ont commencé à ouvrir leurs cahiers et leurs maisons pour pouvoir le transmettre. »

En observant les recherches de Michel, force est d’admettre que le résultat fut assez spectaculaire. « J’ai fait une liste des groupes lanaudois qui ont enregistré au moins un disque. Il y en avait 25, et c’est sans compter ceux qui n’ont pas enregistré. Dans tous ces groupes, il n’est pas rare de voir un musicien de Saint-Côme. S’il n’y en avait pas, il y avait au moins du répertoire du village. » Faut-il rappeler que la municipalité ne compte que 2260 habitants ?

Ce samedi, on inaugure Le Chant du monde, un parcours composé de quatre stations abordant autant de thèmes de la chanson trad : la chanson de labeur, la chanson à bercer, la complainte et la chanson à répondre. « C’est bien beau se dire qu’on est la capitale de la chanson, indique Michel Bordeleau, mais il faut que les gens qui traversent le village s’en aperçoivent. Ils ont installé quatre bornes en bois avec de l’information sur la chanson. Et les gens peuvent installer le code QR sur leur téléphone portable, ce qui les dirigera vers une espèce de centre d’informations où ils pourront aller encore plus loin. Nous prévoyons aussi, à court terme, l’accès à des caques d’écoute pour pouvoir écouter des chansons en se promenant dans le village. »

Tout cela est organisé par le Centre du patrimoine vivant de Lanaudière, qui a également mandaté le réputé cinéaste André Gladu pour la réalisation du court métrage Le chant du monde, qui révèle également des portraits portant sur les quatre thèmes de la tradition chantée de Saint-Côme. La semaine dernière, le documentariste a reçu le prix Coup de coeur – Musiques du monde 2015, catégorie Hommage, de l’Académie Charles-Cros. Et ce samedi, c’est le chanteur Jean-Louis Thériault qui sera honoré. Ovation dans les deux cas, svp !

Reste le cercle de chant où chacun est invité à en envoyer une, de même que la joute d’impro trad chantée. D’un côté, des bottiniens ou ex-bottiniens, de l’autre, l’équipe de chanteurs de Saint-Côme. L’arbitre lance un thème et une durée. On peut aller jusque « à la manière de… ». Par exemple : « chanson traditionnelle, thème : les bûcherons, à la manière de Charlebois ou de Dédé Fortin ». Tout cela avec des musiciens qui animeront comme pendant un match de hockey. Go trad go !

La 7e Grande fête du chant traditionnel de Lanaudière

Au CPE, au Bureau d’accueil touristique et au Centre Marcel Thériault de Saint-Côme. Ce samedi 16 mai, dès 10 h.