Le droit d’auteur souligné dans l’inquiétude

Photo: Spencer Platt Getty Images

À l’heure où l’offre de contenus numériques gratuits ne cesse de croître, la situation des écrivains, déjà précaire, est dangereusement fragilisée. C’est du moins le constat de l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), qui espère voir le public se préoccuper davantage du sort des créateurs de contenu en cette journée mondiale du droit d’auteur.

Danièle Simpson, présidente de l’UNEQ, a longtemps enseigné au cégep. « Les jeunes réagissent mal lorsqu’on leur dit qu’il faut payer pour le contenu, ils sont habitués à ce que ce soit gratuit. Pour eux, c’est ça la norme », soupire-t-elle.

Alors que le 23 avril souligne la 20e édition de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, Mme Simpson souhaite rappeler l’importance de protéger les oeuvres des écrivains et souligner le « triste sort qui les attend si rien n’est fait ». Elle rappelle que selon l’Observatoire de la culture et des communications, le salaire annuel médian tiré de la création littéraire au Québec est d’à peine 2450 $.

La situation n’ira pas en s’embellissant, ajoute Mme Simpson, puisque des modifications récentes à la Loi fédérale sur le droit d’auteur impliquent de larges exceptions visant l’accès gratuit aux oeuvres à des fins pédagogiques. « La loi, initialement, se voulait un outil pour nous aider à protéger et contrôler l’exploitation de nos créations… Elle fait maintenant l’inverse ! », s’exclame l’écrivaine.

Ces questions feront l’objet d’une table ronde intitulée « Entre culture libre et droit d’auteur » qui se tiendra ce jeudi soir à 19 h, à la Maison des écrivains, à Montréal. Un peu partout au Québec, 300 activités seront organisées. Pour en savoir plus, visitez le www.jmlda.qc.ca.