Un voyage à travers les âges

«As Is» (Tel quel) a été présenté à Montréal au printemps 2014.
Photo: Valérie Remise «As Is» (Tel quel) a été présenté à Montréal au printemps 2014.

Robert Lepage, Olivier Kemeid, Shakespeare, Ingmar Bergman et bien d’autres se donnent rendez-vous dans la programmation de la saison 2015-2016 du Théâtre français du Centre national des arts, à Ottawa.

Sous la gouverne de Brigitte Haentjens, le Théâtre français se propose en effet de mêler l’ancien et le nouveau, et ouvre l’automne avec un spectacle dont Haentjens assume la direction artistique : À quoi ça sert d’être brillant si t’éclaires personne. Ce sera « un jam
littéraire et musical », promet-on, qui mettra en scène « la parole franco-ontarienne d’hier et d’aujourd’hui ». Le tout sera présenté le 25 septembre, à l’occasion de la fête des Franco-Ontariens.

En octobre, on verra pour la première fois la création Septembre, écrite et jouée par Évelyne de la Chenelière, et mise en scène par son conjoint Daniel Brière. La pièce évoque les fantasmes, ludiques et morbides, d’une femme qui va chercher sa fille souffrante à l’école, et qui observe les jeux des enfants.

Fin octobre, le Théâtre français présente As Is (Tel quel), une pièce écrite et mise en scène par Simon Boudreault, inspirée de ses années à travailler à l’Armée du Salut. As Is, nous promet-on, est une « réjouissante et féroce épopée de l’accessoire qui interroge [sic] sur des valeurs aussi essentielles que l’aide et la compassion ».

En novembre, Olivier Kemeid adapte des textes de Shakespeare dans Five Kings. L’histoire de notre chute, mis en scène par Frédéric Dubois et avec Patrice Dubois à la direction artistique. Déjà, en 1939, Orson Welles avait monté un collage des pièces shakespeariennes Richard III, Henri IV, Henri V, Henri VI et Richard III. Les frères Dubois, Olivier Kemeid, et Martin Labrecque refont l’exercice à leur façon. En décembre, Luc Picard et Sophie Desmarais monteront aussi sur la scène du théâtre pour jouer les Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël, de Michael Mackenzie, dans une traduction d’Alexis Martin. En février, Geneviève Pineault adapte le roman Un vent se lève qui éparpille, de Jean-Marc Dalpé.

Autre exclusivité du CNA, la création théâtrale Ça ira (1). Fin de Louis, de Joël Pommerat, une réflexion sur la Révolution française qui fait appel à la participation du public, prendra l’affiche du 16 au 19 mars. Après 887, la nouvelle création de Robert Lepage, lui-même ancien directeur artistique du CNA, on accueille la troupe de théâtre flamande tg Stan, qui joue les Scènes de la vie conjugale, d’Ingmar Bergman. Regroupant des « enfants terribles » du théâtre, cette troupe fonctionne sans metteur en scène, et se permet les libertés qu’elle souhaite avec le script.

Enfin, L’autre hiver, de Normand Chaurette, fermera la saison en mai dans une mise en scène de Denis Marleau, également ancien directeur artistique du théâtre et Stéphanie Jasmin. Les pièces présentées au Théâtre français du CNA sont rarement à l’affiche plus de trois jours. Le théâtre compte également une importante programmation pour jeunes publics, enfant et adolescent.