L’Agence TOPO se met en vitrine

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
L’Agence TOPO reste fidèle à la création multidisciplinaire.
Photo: Courtoisie Topo L’Agence TOPO reste fidèle à la création multidisciplinaire.

Ce texte fait partie du cahier spécial Conseil des arts

Le centre d’artistes montréalais inaugurera en avril un nouvel espace de diffusion, qui prendra la forme d’une vitrine interactive installée au rez-de-chaussée du complexe Pi2 De Gaspé, dans le Mile-End.

D’abord connue pour ses créations Web à la fin des années 1990, l’Agence TOPO a entrepris, depuis quelques années, de sortir de l’écran, tout en restant fidèle à ses origines, c’est-à-dire la création multidisciplinaire, « au carrefour des arts visuels, de la littérature et des nouveaux médias », comme le souligne Michel Lefebvre, directeur général et cofondateur de ce centre d’artistes montréalais.

« Peu à peu, nous avons réalisé des projets virtuels auxquels se greffaient des installations, des performances ou de la médiation, afin de donner un ancrage physique, voire expérientiel, à nos créations Web », explique M. Lefebvre. Il cite en exemple Post-Audio NetLab, « un espace d’interaction, d’échange et de socialisation qui met en scène les codes de la culture musicale d’aujourd’hui ». Le projet a donné lieu à un site Internet, à un DVD, ainsi qu’à une installation à Québec. Ou encore le projet d’« e-poetry », Astres/Stars/Goleuadau, dont le site Internet s’est prolongé en installation à la Galerie Espace, à Montréal, et au Harbourfront Center, à Toronto.

La trajectoire de l’Agence TOPO s’apprête à prendre un nouveau virage, avec l’inauguration imminente de sa vitrine interactive installée au rez-de-chaussée du complexe Pi2 De Gaspé, dans le Mile-End, là où le centre d’artistes a aussi logé son espace de production, au 6e étage.

« La vitrine est très bien positionnée : elle donne sur un carrefour de circulation dans l’édifice, explique Michel Lefebvre. Nous y présenterons des installations. Nous souhaitons explorer l’interaction entre le public, qui se situe d’un côté de la vitre, et l’installation, de l’autre. Ce sera un défi qui exigera sans doute l’utilisation du téléphone intelligent, de caméras infrarouges, de détecteurs de mouvement ou de surfaces tactiles. Ou peut-être pas non plus. Peut-être que les installations ne seront pas toujours interactives. Nous voulons prendre le temps d’apprivoiser ce nouveau champ de possibilités. »

La programmation de la vitrine est en construction. On sait toutefois que le premier qui l’investira sera Hugo Nadeau, un artiste qui explore les jeux vidéo. L’installation vidéo interactive make-A-move, qu’on a pu voir dans le couloir de la Place des arts du 28 février au 15 mars, dans le cadre de l’événement Art souterrain, sera aussi présentée dans la vitrine. « Cela suscite déjà de l’engouement. Beaucoup d’artistes nous disent avoir de bons projets pour la vitrine », affirme le directeur général du centre.

L’Agence TOPO s’est aussi démarquée en 2013 avec la publication d’une monographie sur la Société de conservation du présent (SCP), un collectif d’artistes précurseurs des arts numériques au Québec ayant oeuvré, entre 1985 et 1994, à la symbiose des arts, de la technologie et des archives. L’importante publication rend ainsi hommage à Philippe Côté, philosophe et artiste conceptuel décédé en 2011, qui avait fondé la SCP avec Alain Bergeron, auteur de logiciels, et Jean Dubé, photographe, pamphlétaire et écrivain.

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