Facebook se défend de faire de l’ombre aux opérateurs de télécoms

Le p.-d.g. et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s’est défendu lundi de vouloir empiéter sur les plates-bandes des opérateurs de télécommunications avec ses services gratuits de messagerie Messenger et WhatsApp, accessibles à partir des smartphones.

« Les gens veulent utiliser ces différents services et ils vont payer pour cela », a-t-il assuré pendant une table ronde à Barcelone, à l’occasion du Congrès mondial de la téléphonie mobile qui a ouvert ses portes lundi. « La question est de savoir ce que vous faites payer », a-t-il ajouté.

Le réseau social en ligne est vu par certains opérateurs comme un concurrent direct, et ce d’autant plus depuis qu’il a acheté en 2014 la messagerie mobile WhatsApp pour 22 milliards de dollars. Ce service, comme sa messagerie Messenger, permet de communiquer gratuitement, alors que les groupes télécoms facturent traditionnellement les appels, les envois de SMS, de MMS ou encore l’accès à Internet via un smartphone.

Le patron de l’opérateur de télécommunications caribéen Digicel, Denis O’Brien, cité dimanche dans le Wall Street Journal, n’a pas hésité à comparer Mark Zuckerberg au « gars qui vient à votre soirée, boit votre champagne, embrasse vos copines et n’apporte rien avec lui ».

Ce sont en effet les entreprises de télécommunications qui investissent dans les infrastructures permettant l’accès à Internet, a souligné le p.-d.g. de l’opérateur norvégien Jon Fredrik Baksaas au cours de la table ronde.

Le p.-d.g. de Facebook s’est voulu de son côté soucieux de montrer sa bonne volonté, reconnaissant les coûts engendrés pour les opérateurs par leurs investissements dans les infrastructures.

« Nous voulons trouver une solution de manière à ce que ça soit rentable pour nos partenaires », a-t-il assuré. Facebook a des partenariats avec certains groupes de téléphonie, comme Millicom, très implanté en Amérique latine.

L’année de la montre connectée

Par ailleurs, le sujet des montres connectées est au coeur des discussions à l’occasion de ce Congrès mondial de la téléphonie mobile

D’abord réservées à un public de férus de nouvelles technologies, les ventes de montres connectées devraient décoller en 2015, avec la multiplication de lancements de modèles plus élégants et mieux équipés.

La présentation prévue en avril de l’Apple Watch du géant américain devrait faire de cette année « un tournant pour les ‘wearables’», c’est-à-dire des accessoires et vêtements connectés, estime le cabinet de recherche CCS Insight.

Décidés à lui couper l’herbe sous le pied, ses concurrents asiatiques ont profité du congrès pour présenter leurs nouveautés.

Le Sud-Coréen LG Electronics est venu avec un modèle compatible avec la 4G, la Watch Urbane LTE. Si elle a l’aspect d’une montre classique, avec un cadran rond métallique, elle possède toutes les caractéristiques d’un smartphone et permet de naviguer sur l’Internet ou de passer des appels.

Contrairement à la plupart des smartwatches, elle est dotée de sa propre carte SIM et peut être utilisée pour téléphoner sans être à proximité d’un smartphone.

Le géant chinois Huawei a aussi présenté une version haut de gamme, avec un boîtier rond métallique et un bracelet cuir ou en acier, permettant de recevoir des e-mails, des messages et mesurant notamment le nombre de calories dépensées.

L’industrie espère que les montres connectées seront les premiers « wearables » à réellement s’imposer, selon les analystes.

Mais la partie est loin d’être gagnée. « Quand on demande aux gens à quoi sert une smartwatch, ils n’en ont aucune idée », explique Ben Wood, directeur de recherche chez CCS Insight.