Une vente controversée de masques hopis à Paris

La collection présentée par la maison d’enchères Ève à l’Hôtel Drouot, à Paris
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse La collection présentée par la maison d’enchères Ève à l’Hôtel Drouot, à Paris

Une vente de masques amérindiens prévue lundi à Paris suscite de nouveau l’émoi des indiens hopis, soutenus par les États-Unis qui demandent le retrait de ces lots considérés comme sacrés par cette tribu.

La maison d’enchères Ève organise à l’Hôtel Drouot une nouvelle vente d’art amérindien, inuit et précolombien (270 lots au total) qui comprend vingt-cinq masques hopis ainsi que huit masques navajos. C’est la quatrième fois depuis 2013 qu’une vente d’art amérindien de cette société est contestée par les Hopis, qui n’ont jamais eu gain de cause jusqu’à présent.

Le Conseil des ventes volontaires (CVV), autorité de régulation des enchères, «a considéré jeudi que cette vente était légale», a indiqué dimanche à l’AFP Alain Leroy, le commissaire-priseur d’Eve Enchères. Le CVV avait émis la même analyse les fois précédentes.

Le CVV avait été saisi mardi par l’association américaine Holocaust Art Restitution Project (HARP) qui s’occupe principalement de la restitution des objets d’art volés aux juifs par les nazis.

De leur côté, les Hopis et l’association de défense des peuples aborigènes Survival International ont annoncé vendredi avoir engagé une procédure judiciaire pour obtenir l’identité des vendeurs et acquéreurs des masques mis en vente lundi.

Simultanément, l’ambassade des États-Unis en France a demandé «le retrait temporaire de la vente des objets susceptibles d’être des biens culturels hopis et navajos à caractère sacré afin de laisser aux représentants de ces nations le temps d’expertiser leur nature et leur provenance, et d’envisager les recours possibles pour leur restitution».

Les masques navajos sont également considérés comme sacrés par leur tribu.