La police de Toronto ouvre une enquête sur Jian Ghomeshi

La police de Toronto a confirmé vendredi soir qu’elle avait ouvert des enquêtes au sujet de l’animateur-vedette de la CBC, Jian Ghomeshi, après que deux des neuf victimes alléguées aient décidé de porter plainte.

Si Radio-Canada a mis à exécution sa menace de congédier l’animateur Jian Ghomeshi, c’est qu’elle détenait des preuves vidéo le montrant en train de s’en prendre violemment à des femmes, a en outre révélé la société d’État vendredi.

Depuis le début de la semaine, neuf femmes ont dit avoir été violentées ou agressées par l’animateur de 47 ans. Jusqu’à présent, deux ont dévoilé leur identité : l’actrice Lucy DeCoutere et l’avocate Reva Seth. Aucune accusation formelle n’a toutefois été déposée contre Jian Ghomeshi.

Mme DeCoutere de même qu’une autre des victimes alléguées interviewées par le Toronto Star ont pris la décision de porter plainte à la police. Celle-ci a par conséquent ouvert des enquêtes, une semaine après la suspension, puis le congédiement, de l’animateur de la CBC.

Dans une note de service envoyée au personnel de son service anglais, la direction Radio-Canada fait en outre, pour la première fois, la lumière sur les circonstances de la suspension, puis du congédiement du populaire animateur de l’émission Q sur les ondes à CBC Radio One. « Le jeudi 23 octobre, CBC a vu pour la première fois des preuves graphiques que Jian avait causé des blessures physiques à une femme. Jamais auparavant n’avions-nous été mis au courant d’activités qui auraient mené à des blessures physiques », affirme la vice-présidente du service anglais, Heather Conway, dans la note dont Le Devoir a obtenu copie. En montrant ces extraits à ses supérieurs, M. Ghomeshi tentait apparemment de démontrer qu’il était possible d’être blessé physiquement lors d’ébats sadomasochistes tout à fait consensuels, affirment des sources citées par le Toronto Star. Mais le degré de violence démontré dans la vidéo aurait choqué la direction.

Pendant ce temps, les témoignages accablants sur les tensions au sein de l’équipe de Q s’accumulent. Une ex-productrice de l’émission affirme dans le National Post que Jian Ghomeshi avait créé à Q un environnement de travail « tyrannique » mais que personne n’osait le confronter.

Les firmes de gestion de crise et de relations publiques engagées par Ghomeshi, de même que son agent, ont mis fin à leur association avec l’animateur.

Dans sa dernière intervention sur Facebook jeudi, l’animateur a remercié tous ceux qui l’appuyaient et écrit qu’il avait l’intention de confronter ces allégations « directement », mais ce, à l’extérieur des médias.