Démissions en série au Conservatoire

Sous sa gouverne, le conseil d’administration du Conservatoire avait le mandat de livrer à Québec un plan de redressement pour l’institution le 30 septembre dernier. 
Photo: Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec Sous sa gouverne, le conseil d’administration du Conservatoire avait le mandat de livrer à Québec un plan de redressement pour l’institution le 30 septembre dernier. 

Hécatombe au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec (CMADQ). Le directeur général de l’institution, Nicolas Desjardins, a quitté le navire mardi, quelques heures après l’annonce de la démission du président du conseil d’administration, Jean-Pierre Bastien, en poste depuis seulement quatre mois. Dans la foulée, le poste de directeur des opérations, occupé par Richard Chevalier, est aboli.

Ces démissions en série surviennent au lendemain de la controverse entourant la fermeture envisagée des conservatoires régionaux, fermement rejetée par la ministre de la Culture et des Communications la semaine dernière. Hélène David a reçu la lettre de démission de Jean-Pierre Bastien lundi après-midi et en a accepté les termes sur-le-champ, a confirmé au Devoir son cabinet. Nicolas Desjardins, qui était en poste depuis 1998, a annoncé son départ au Conservatoire mardi après-midi, avisant du même coup qu’« il modifiait la structure de la direction générale et abolissait le poste de directeur des opérations », a indiqué Nancy Bélanger, directrice des communications et relations publiques de l’institution.

Devant le déficit cumulé de plus de 12 millions du CMADQ, Mme David avait nommé M. Bastien au poste de président en juin dernier, lui donnant comme mandat de « mettre rapidement en place des actions porteuses visant un retour à l’équilibre budgétaire et à la stabilité de l’institution », selon ses propres déclarations, le 13 juin dernier. Sous sa gouverne, le conseil d’administration du Conservatoire devait livrer à Québec un plan de redressement pour l’institution, le 30 septembre dernier. Des fuites dans les médias ont révélé que le plan proposait ni plus ni moins que l’abolition des cinq pôles régionaux, soit les conservatoires de Trois-Rivières, Gatineau, Val-d’Or, Rimouski et Saguenay. Cette solution radicale aux déficits structurels et cumulés de l’institution a suscité de vives réactions dans les milieux.

La ministre David a rejeté en bloc le rapport du conseil d’administration jeudi dernier et s’est dissociée de ses conclusions, envisageant la mise sous tutelle du Conservatoire. Elle a indiqué que le mandat au conseil consistait à proposer un plan de redressement qui respecte sa loi constitutive, laquelle prévoit l’exploitation des établissements dans les régions.

Hélène David s’est défendue, mardi, d’avoir désavoué le président du conseil d’administration du CMADQ en rejetant le plan de retour à l’équilibre budgétaire de l’institution.