L’Inde émergente à l’honneur à l’UQAM

Bollywood, omnipotente industrie cinématographique de l’Inde, fera l’objet d’une table ronde lors de la «Semaine Inde».
Photo: STR Agence France-Presse Bollywood, omnipotente industrie cinématographique de l’Inde, fera l’objet d’une table ronde lors de la «Semaine Inde».

Le nouveau premier ministre indien, Narendra Modi, était en visite chez nos voisins américains la semaine dernière. Et non, il n’a pas jugé utile d’en profiter pour faire un crochet par le Canada. À Washington où il a longtemps été persona non grata pour ses connivences présumées dans des pogroms antimusulmans commis en 2002, Barack Obama lui a déroulé le tapis rouge. À New York, il a participé à la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU et fait un tabac au Madison Square Garden où 20 000 Indo-Américains en délire sont allés le célébrer.

De cela à ceci, il risque d’être souvent question de M. Modi dans le cadre de la « Semaine Inde » qui s’ouvre lundi à l’UQAM, une semaine d’activités culturelles et de conférences sur l’art, l’économie et la politique, organisée par l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) et le nouveau Centre d’études et de recherche sur l’Inde, l’Asie du Sud et sa diaspora (CERIAS).

M. Modi est un homme volontaire, charismatique et populiste, dont le parti a obtenu la majorité des sièges aux législatives de mai dernier, ce qui est exceptionnel dans le contexte politique indien. Politicien de droite, il promet de relancer l’économie, de créer de « vrais » emplois et de remettre de l’ordre dans la société indienne à grands coups de principes néolibéraux. L’homme déplace les foules, mais saura-t-il déplacer les montagnes ? Jeudi soir prochain, dans le cadre d’une conférence intitulée Fédéralisme et nouveaux défis Inde-Canada, l’économiste de gauche Mritiunjoy Mohanty voudra sans doute remettre les pendules à l’heure.

Ratisser large

Mardi matin, une table ronde portera sur « l’art comme médiation culturelle entre l’Inde et le Québec ». Deux autres porteront le lendemain sur la laïcité, au sens, très différent du nôtre, où l’entendent et le vivent les Indiens, puis sur Bollywood, leur omnipotente industrie cinématographique. Jeudi matin, topo sur l’histoire méconnue des communautés sud-asiatiques de Montréal… « C’est un événement grand public, dit Mathieu Boisvert, directeur du CERIAS, on a voulu ratisser large. L’objectif, c’est de permettre aux gens de se familiariser avec l’extraordinaire diversité de ce pays immense et complexe. »

Par ailleurs, le dramaturge et écrivain Larry Tremblay dirigera mardi midi un atelier de kathakali, une forme fascinante de danse-théâtre traditionnelle du sud de l’Inde. Samedi prochain, Alexis Martin et Daniel Brière participeront à une mise en lecture de l’épopée du Ramayana, grand texte fondateur de l’hindouisme. Deux festivals de cinéma chevaucheront par ailleurs la Semaine Inde: le 4e Festival annuel de films du Centre Kabir, avec accent sur le cinéma indépendant, organisé en collaboration avec l’Université Concordia, et le Festival du film de l’Inde de Montréal, dont c’est la 5e édition, présenté à la Cinémathèque québécoise.

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