La Falla : l’embrasement salutaire

Le porte-parole de la Falla, Philippe Fehmiu, en compagnie de toutes les œuvres qui vont être attachées à la sculpture principale de bois et de papier.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le porte-parole de la Falla, Philippe Fehmiu, en compagnie de toutes les œuvres qui vont être attachées à la sculpture principale de bois et de papier.

La Tohu célèbre son dixième anniversaire en offrant la Falla, sa fiesta annuelle gratuite, de jeudi à samedi sur son site. L’événement comporte un volet musical digne de mention, des activités d’animation et l’embrasement d’une gigantesque sculpture de bois et de papier de dix mètres de haut. Le projet accorde aussi une place importante à la dimension humaine, puisque des jeunes de 17 à 30 ans, les falleros, sont impliqués dans la construction de la structure destinée à être brûlée, dans la tradition du Festival de Valence en Espagne. Rencontre avec Philippe Fehmiu, collègue d’ICI Musique, homme engagé et porte-parole de la Falla.

 

« J’ai assisté à trois Falla et je l’ai vue grandir. Au début, j’ai été ébahi par le spectacle le samedi, quand tu vois cette structure assez atypique et construite de manière artistique. Puis, quand ça brûle, c’est surprenant de voir quelque chose d’aussi beau s’envoyer en flammes. Il y a quelque chose d’un peu contradictoire. D’habitude, les belles choses, on les protège, mais là, c’est la symbolique qui est importante. Au début, à Valence, on voulait exprimer la gratitude des gens par rapport aux récoltes qui avaient été abondantes. On faisait une fête autour de ça. »

 

Les falleros sont rémunérés dans le cadre d’un programme de réinsertion sociale et professionnelle coordonné par l’organisme PITREM. « Ils entrent dans le projet pendant une période de trois mois en faisant des ateliers environnementaux. Ensuite, ils vont prendre des ateliers sur le travail d’équipe et sur le rôle des citoyens, puis, ils vont apprendre à toucher, à manipuler le bois et le papier. Lors de l’embrasement, certains vont pleurer parce qu’ils voient leur structure disparaître, ou simplement parce que c’est la fin d’une grande étape », relate Philippe Fehmiu.

 

Détruire pour mieux renaître en quelque sorte, après avoir mené un projet à terme et dans une atmosphère de fête. Trois soirées de musique sont d’ailleurs proposées. D’abord la Fête au village jeudi soir avec Mamselle Ruiz, Kabakuwo, Leititia Zonzambé, Aboulaye Koné, Joyce N’Sana, Tapa Diarra et l’École de danse africaine Daradji.

 

Le porte-parole en parle avec enthousiasme : « En Afrique de l’Ouest, d’où vient mon père, on dit que ça prend un village pour élever un enfant. Et là, c’est tout un village, toute la gang de la Tohu, toute une communauté qui se met là pour donner un sens à des jeunes. Pour moi, la cohérence avec la Fête au village, elle est toute là. Et en plus, le volet musical est fait avec la diversité, la mixité et la mosaïque positive de Montréal comme pôle central. »

 

Le lendemain, place à la Fête des Balkans, le Balkan Beat de Montréal, mené par Briga, Roma Carnivale, La Gypsy Kumbia Orchestra, le Hot Club de ma rue et DJ Touski, que Phillippe présente : « Moi, je trouve ça l’fun, parce qu’en plus d’être ancré dans la tradition balkanique, il y a les rythmes de la rue et les boucles sonores. Le Balkan Beat est un volet important de la world 2.0. »

 

Reste l’embrasement du samedi, vers le coucher du soleil, pour bien percevoir le reflet des flammes. Au début de la soirée : Komty, Samito et Face-T. Puis, quand la structure brûlera encore, arrivera Marco Calliari : « On sait qu’il a l’habitude de mettre le feu aux planches ; cette fois-ci, il va mettre le feu à la structure », rigole l’animateur.

La Falla

À la Tohu, 2345, rue Jarry, angle d’Iberville
Les 14, 15 et 16 août de 17 h à 23 h Renseignements : 514 376-TOHU, 1 866 376-TOHU, www.tohu.ca


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