Des faux plus vrais que nature

On peut admirer les répliques parfaites des sarcophages qui contenaientt la momie du jeune pharaon. Ils se trouvaient l’un dans l’autre, à la façon des poupées russes.
Photo: © Vieux-Port de Montréal On peut admirer les répliques parfaites des sarcophages qui contenaientt la momie du jeune pharaon. Ils se trouvaient l’un dans l’autre, à la façon des poupées russes.

Du haut de sa stalle, le buste ouvragé de Toutankhamon semble jauger les visiteurs. Tout en dorures, cet impressionnant artéfact occupe une place de choix dans la chambre funéraire reproduite presque dans son intégralité. En tout, ce sont « plus de 500 reproductions d’objets inédits » qui s’offrent aux regards des curieux.

 

Première exposition de cette ampleur à être présentée en Amérique du Nord, les trésors du jeune pharaon se révéleront jusqu’à l’aube de septembre sous les voûtes industrielles du Hangar 16, dans le Vieux-Port de Montréal. Unique par la quantité d’objets réunis au même endroit, elle tire également sa singularité de l’espace accordé à chacun des thèmes. « Nous voulions que l’histoire et les trésors cohabitent, insiste la productrice de l’exposition, Christina Ibrahim. Alors que le musée égyptien du Caire se concentre sur le côté historique de la découverte et que le Louvre n’expose que les trésors, nous souhaitions trouver un équilibre, [créer un tout]. »

 

Construite à l’image de la véritable sépulture, l’exposition se divise en six salles, dont cinq rappellent en tout point celles qui composaient le tombeau quand il a été retrouvé, en novembre 1922, par Howard Carter. À mesure qu’il avance, le visiteur peut facilement s’imaginer le sentiment qui pouvait habiter l’archéologue anglais lorsqu’il a finalement mis la main sur ces trésors. Pour l’aider à s’aiguiller dans sa propre avancée, des photos datant de l’époque de la première fouille viennent appuyer les artéfacts.

 

La première salle, enfin, se veut un hommage à l’homme derrière la découverte. « Nous sommes les seuls à exposer les outils et instruments utilisés par Carter, puisque ces derniers nous appartiennent », explique Christina Ibrahim.

 

Exposition de doubles

 

Les véritables trésors reposent en Égypte depuis leur exhumation de la Vallée des rois, leur âge vénérable les empêchant d’être transportés à l’extérieur du pays. Pour permettre au plus grand nombre de les admirer, des entreprises locales se sont cependant employées à les reproduire de la manière la plus fidèle possible. « Les visiteurs ont parfois de la difficulté à nous croire lorsqu’on leur dit que ce sont des « faux » qui sont exposés ici », lance la productrice en riant.

 

Ne s’improvise pas maître de la contrefaçon qui le veut, des certifications ministérielles étant nécessaires pour exposer les doubles. Il aura fallu près de dix ans à la compagnie égyptienne Horus pour concevoir les doublures « plus vraies que nature » des reliques du célèbre pharaon. Des détails colorés de somptueux sarcophages aux parures funéraires, en passant par les chars de parade qu’utilisait le jeune Toutankhamon durant son bref règne. « Malgré toute la technologie dont nous disposons aujourd’hui, ça nous a tout de même pris un an de plus qu’à ceux qui ont conçu les originaux », précise l’égyptologue Diaa Khater avec un sourire. Égyptien d’origine, il suit les trésors de Toutankhamon depuis une quinzaine d’années. Les merveilles du pharaon l’ont amené aux quatre coins de la planète, du Japon à la France, en passant par l’Allemagne et la Corée. Ces nombreux voyages l’auront finalement rendu polyglotte et c’est à titre de guide qu’il accompagne aujourd’hui ceux qui arpentent l’exposition.

 

Et, bien que des panneaux explicatifs parsèment les lieux, opter pour la visite guidée est tout indiqué. Offerte gratuitement, elle permet une vue d’ensemble plus complète, question de bien vivre « cette page d’histoire ».

Les trésors de Toutankhamon

Exposition présentée au Hangar 16 du Vieux-Port de Montréal, jusqu’au 26 août

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