L’été des possibles dans le Mile-End

Représentation du Marché des possibles du Mile-End, inspiré du bazar nocturne de Brooklyn.
Photo: Pete Vegas (illustration) Représentation du Marché des possibles du Mile-End, inspiré du bazar nocturne de Brooklyn.
Jumelé à l’équipe de POP Montréal, le quartier Mile-End de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal s’apprête à lancer un nouveau marché en plein air derrière l’aréna Saint-Louis. Jusqu’à la fin de l’été, le Marché des possibles propose buvette en plein air, cuisine de rue, concerts, cinéma et ateliers gratuits.​
 

Tout comme Berlin, Portland ou Brooklyn, le Mile-End possède une communauté inspirée et des terrains industriels prometteurs. Il est presque étonnant que le Marché des possibles, le nouveau marché/espace culturel/buvette à l’allemande, n’ait pas poussé plus tôt dans le Mile-End. La matière première s’agglomère pourtant à la frontière du quartier, dans les lofts industriels de l’avenue Saint-Viateur, remplis de créateurs et d’artisans locaux.

 

« À l’intérieur de ces bâtiments se trouve l’une des plus belles richesses de Montréal, reconnaît Mistaya Hemingway, danseuse, urbaniste et coordonnatrice du Marché des possibles. Je n’ai pas besoin d’aller très loin pour trouver les meilleurs danseurs, artistes visuels, musiciens, créateurs et groupes communautaires. Tous les ingrédients sont là, à deux coins de rue. Le Mile-End est prêt pour le plus beau des repas. »

 

Que manquait-il alors ? « Il fallait trouver la bonne personne, dit Mistaya Hemingway, coordonnatrice du Marché des possibles. Au fond, il nous manquait Marie. »

 

En poste depuis sept mois, Marie Plourde, la conseillère municipale de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal s’est inspirée du bazar nocturne de Brooklyn pour tracer les contours du projet que les citoyens caressaient depuis longtemps. « Ils sont rares les endroits dans l’arrondissement où l’on peut travailler l’esprit urbain, car tout est pas mal développé, remarque l’urbaniste de formation qui a hérité de la mission de revitaliser le secteur Saint-Viateur. Mais aux abords du Mile-End, où il reste beaucoup de vestiges de l’époque industrielle, on essaie de conjuguer la densification avec la réappropriation du quartier. C’est par la même occasion un prétexte pour célébrer cette “subculture” unique au quartier. »

 

Réseautage

 

Dès le 11 juillet jusqu’au 31 août, le Marché des possibles s’installera dans le parc situé derrière l’aréna Saint-Louis, un terrain en retrait du très passant boulevard Saint-Laurent qui pourrait devenir un passage obligé cet été.

 

Aménagé par la firme de design Pete Vegas, le Marché des possibles animera la frontière du Mile-End tous les vendredis jusqu’au dimanche et veillera jusqu’à 23 h, dans la veine des marchés de nuit asiatiques qu’a connus Mistaya. « Puisque l’horaire est un peu tardif pour les maraîchers, les marchands ambulants de fruits et légumes assureront la portion nocturne. Chose certaine, on aura bien plus que des camions de nourriture de rue. » La programmation gastronomique s’enrichira au cours des semaines, tout comme la programmation culturelle. Brad Barr, des The Barr Brothers, et Socalled ouvriront le bal le soir de l’ouverture.

 

L’équipe accorde une attention particulière à l’institution sacrée du 5 à 7 en organisant des activités pour les enfants pendant que les parents trinquent à l’honneur de la fin de semaine.

 

Mistaya Hemingway aime imaginer que ce genre de marché serait tout à fait probable ailleurs, « comme dans Saint-Henri, un quartier où il y a une belle vitalité ». Ces dernières années, avec ses mesures de protection des loyers d’artistes, par exemple, l’arrondissement s’est employé à endiguer l’embourgeoisement pour protéger le quartier de création.

 

Reste que le Mile-End a quelque chose de spécial. Marie Plourde croit que ce je-ne-sais-quoi se trouve dans le réseautage. « Les groupes et mouvements travaillent tous dans le même esprit pour protéger et enrichir le Mile-End. Ils échangent leurs connaissances et collaborent. Le mouvement citoyen du Mile-End est très fort. Pour ces gens-là, quand on se tient, tout est possible. »

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