Montréal, épicentre de l’expérience immersive

La SAT profite du symposium pour étoffer sa programmation avec Quantum, une installation conçue spécialement pour son dôme.
Photo: Sébastien Roy La SAT profite du symposium pour étoffer sa programmation avec Quantum, une installation conçue spécialement pour son dôme.

On sait la Société des arts technologiques (SAT) à l’avant-garde autant qu’à la fine pointe dès lors qu’il est question de création immersive. Or, non contente d’explorer les multiples possibles de sa Satosphère, ce dôme permanent dédié à la projection d’oeuvres audiovisuelles, la SAT a mis en oeuvre un vaste chantier de réflexion qui, de mercredi à dimanche, prendra la forme d’un symposium international : IX – Immersion Expérience.

 

Durant cette période, les invités venus d’un peu partout — Hong Kong, New York, Londres, Paris, San Diego, Vienne, etc. — afflueront à Montréal ; chercheurs qui compareront leurs notes ou donneront des conférences, artistes qui présenteront une oeuvre, une performance.

 

« Le Québec a toujours été un précurseur en arts immersifs, explique Monique Savoie, présidente, fondatrice et directrice artistique de la SAT. On peut remonter à la rotonde de Sainte-Anne-de-Beaupré, ou au Pavillon Bell d’Expo 67, qui était un comme un prototype de cyclorama à 360 degrés ; le Canada a été à l’origine des cinémas IMAX… Dans le reste du monde, nous sommes vus comme des gens obsédés par l’immersion. »

 


« Montréal est perçu comme un pôle. À la SAT, on a décidé de mettre cette perception à profit en devenant le lieu où l’on pourra réfléchir aux arts immersifs. On possède peut-être l’instrument le plus avancé au monde. Non seulement notre dôme est l’un des plus récents, mais il a été conçu par des artistes et pour des artistes », d’ajouter le directeur du Métalab de la SAT, Luc Courchesne.

 

Du coup, les sommités se bousculeront au portillon. Jeffrey Shaw, le titulaire de la Chaire d’arts médiatiques et doyen de la School of Creative Media de l’Université de Hong Kong, est par exemple l’un des plus éminents chercheurs en matière de cinéma numérique interactif et immersif. Jeudi, il animera la table ronde Innovation et format, à la fois discussion autour et survol historique de « l’expérience immersive », entre autres incontournable.

 

Immersion démocratique

 

Ceci dit, le symposium IX – Immersion Expérience se veut rassembleur, et est destiné autant aux chercheurs qu’aux artistes. En somme, son mandat est à la fois d’offrir une vitrine aux arts numériques (cinq créations en première mondiale dans la Satosphère) et de dresser un état des lieux des recherches (cinq conférences et quatre tables rondes) et des techniques (une quinzaine de démonstrations) tout en favorisant la formulation d’un discours critique. Le développement d’un réseau de création et de diffusion constitue un autre but avoué de l’événement.

 

« En invitant tous ces gens à venir réfléchir avec nous, on crée aussi des ambassadeurs qui vont pouvoir ensuite faire rayonner ce fleuron qu’est la Satosphère, qui se distingue des quelque mille infrastructures similaires, mais pas identiques, dispersées dans le monde. En créant des réseaux entre celles-ci, on se trouve à démocratiser ces lieux », relève Louis-Philippe St-Arnault, directeur à la production et au développement immersif à la SAT.


« Les pistes sont nombreuses et les approches peuvent être autant artistiques que cosmologiques, que philosophiques, que sociologiques, alors que les contenus à 360 degrés remettent en quelque sorte l’humain au centre des écosystèmes. Avec ce symposium, on place Montréal au centre de l’expérience immersive mondiale », conclut Monique Savoie.