Le PQ promet une nouvelle politique culturelle

Maka Kotto
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Maka Kotto

Pauline Marois a promis mercredi de présenter une nouvelle politique culturelle. Mais la chef du Parti québécois est restée vague sur la hausse de 13 millions du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), un engagement de 2012.

 

« Des engagements, ça prend un certain temps à se réaliser », a avancé Pauline Marois lors d’une conférence de presse où elle dévoilait ses engagements électoraux en matière de culture. La chef péquiste était entourée notamment du ministre sortant de la Culture et des Communications, Maka Kotto, et des candidates Lorraine Pintal (Verdun), Dominique Payette (Charlesbourg), Sylvie Legault (Mercier), et Sophie Stanké (Laporte).

 

Déjà annoncées, ces actions s’inscrivaient dans la continuité, mises à part quelques promesses intangibles — et qui ne coûtent rien ou presque — visant à appliquer les recommandations du comité sur la philanthropie, celles du groupe de travail sur le cinéma québécois ainsi que cette nouvelle politique culturelle à peine esquissée.

 

« Le Parti québécois s’engage à doter le Québec d’une nouvelle politique culturelle adaptée aux réalités du XXIe siècle. Je pense à Internet, aux nouvelles technologies, à l’omniprésence grandissante de l’anglais et à l’accès aux nouveaux marchés », a déclaré Pauline Marois.

 

Quant à Maka Kotto, il a révélé que son premier accomplissement comme ministre avait été de sauver les meubles. « Le premier défi auquel j’ai été confronté était de préserver les budgets de la culture dans le contexte budgétaire de l’État québécois », a-t-il affirmé.

 

Pauline Marois n’a pas manqué de souligner l’absence d’engagements du Parti libéral en matière de culture. « Sous les libéraux, notre culture a souffert d’une absence de vision et d’ambition, a-t-elle soutenu. Est-ce que les Québécois veulent revenir à l’apathie des libéraux ? On mérite mieux. »

 

Maka Kotto a rappelé l’annonce de la stratégie culturelle numérique dans laquelle un gouvernement péquiste engagerait 150 millions en 10 ans. La chef péquiste a promis également de poursuivre le projet-pilote « Une école accueille un artiste ».

 

Enfin, un gouvernement du PQ présenterait à nouveau un projet de loi sur le prix unique du livre neuf, dont l’adoption a été bloquée par les libéraux et les caquistes. « C’est un enjeu parmi tant d’autres qui milite en faveur de l’élection d’un gouvernement majoritaire du Parti québécois », a fait valoir Maka Kotto.

 

Le maigre menu culturel promis par le PQ, qui tenait plus d’une liste de réalisations que d’engagements porteurs, a déçu le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL).

 

« Nous restons sur notre faim, a affirmé le porte-parole Bastien Gilbert. Les annonces ne nous ont pas appris grand-chose. » D’autres joueurs comme Culture Montréal n’ont même pas trouvé matière à réagir.

 

Un flou

 

Le MAL, qui représente les associations d’artistes et conseils de la culture, déplore surtout le flou autour du budget du CALQ, dont il réclame le rehaussement depuis des années. La promesse de bonification comprise dans la plateforme électorale de 2012 est toujours valable, selon M. Kotto, mais il n’a pas précisé de chiffre.

 

D’humeur morose, le MAL appelle tout de même les autres partis qui ne l’ont pas encore fait — caquiste et libéral — à dévoiler leur programme culturel d’ici la fin de la campagne. La seule intervention culturelle de François Legault jusqu’ici concerne le Diamant, nouveau lieu d’Ex Machina, dont il promettait d’annuler le financement.

3 commentaires
  • François Desjardins - Inscrit 27 mars 2014 07 h 14

    Beige pâle....

    Le PQ n'a pas à blâmer le PLQ. C'est sous le PLQ que la politique culturelle existante a été adoptée. Comment l'a-t-il concrétisée? C'est sous le PLQ que la TVQ a été abolie pour les livres. Enfin, c'est aussi sous le PLQ qu'a été bâtie la Maison symphonique.

    C'est à ceux qui veulent faire un pays qu'il incombe à mon avis d'appliquer une politique culturelle très articulée... en y allant de très nombreuses réalisations liées à notre culture québécoise très typique.

    Le PQ n'a jamais été très spectaculaire de ce côté et à ce que je lis ici, il baigne encore dans le «beige pâle».

  • Gilbert Paquette - Abonné 27 mars 2014 08 h 12

    La culture ne se résume pas à des spectacles et pour faire une politique de la culture encore faut-il la définir cette culture. Pour ce faire il faut nécessairement passer par l'identification de nos valeurs communes ici au Québec. Oui, qui dit culture dit valeurs culturelles. Partant de là on peut orienter nos choix en terme de politique.
    La démarche entamée par le gouv Marois sur la Charte des valeurs est cruciale à l'lélaboration d'une politique culturelle significative.
    On ne gère pas la culture au Québec, on la traficote à la pièce et au goût du jour, on laisse Ottawa nous récompenser quand on va dans le sens des goûts canadiens.

  • Murielle Tétreault - Abonnée 28 mars 2014 08 h 13

    Avenir Oui! Mais il faut garder trace de notre Histoire

    Notre patrimoine culturel,architectural,et naturel est la base de notre culte.Or Maka Kotto n'a rien fait pour les protéger.