Les sites menacés de 2014 et les bons coups de 2013

Grande-étable Bois-de-la-Roche
Photo: Jean-François Séguin pour Héritage Montréal Grande-étable Bois-de-la-Roche
Quatre nouveaux sites emblématiques menacés figurent à l’inventaire annuel d’Héritage Montréal (HM). L’entrepôt Van Horne, les écoles de la rue Adam, la maison Pierre du Calvet et la grange-étable du Bois-de-la-Roche s’ajoutent à six sites déjà inscrits en 2013.

La plupart des dix sites emblématiques signalés requièrent une « stratégie autre que l’attentisme actuel » des instances publiques, a répété à quelques reprises le directeur des politiques, Dinu Bumbaru.

Érigée en 1770, la maison Pierre du Calvet du Vieux-Montréal fait son entrée sur la liste à cause de sa possible mise en vente. La demeure de cet ancien commerçant témoigne de l’architecture typique du début du Régime britannique.

« C’est un des objets phares du Vieux-Montréal, qui célèbre d’ailleurs son 50e anniversaire en 2014, note Dinu Bumbaru, et ne fait l’objet d’aucune reconnaissance individuelle. »

Lié au passé industriel de la ville, l’entrepôt Van Horne, avec sa forme insolite héritée de la trame ferroviaire, est un « repère du paysage urbain ». L’organisme l’ajoute à sa liste après avoir a eu vent de propositions visant à le transformer en édifice résidentiel et à l’« envelopper de verre », ce qui pourrait sacrifier son aspect massif intimement lié à l’histoire.

Aux prises avec des problèmes de moisissures depuis 2011, les écoles Baril, Hochelaga et Saint-Nom-de-Jésus de la rue Adam « ne sont pas des bâtiments isolés », rappelle M. Bumbaru. HM s’inquiète notamment du sort de l’école Baril, que Québec veut remplacer. L’ensemble construit entre 1910 et 1920 témoigne de la création du quartier ouvrier d’Hochelaga-Maisonneuve.

Datant du XIXe siècle et agrandie par les frères Edward et W. S. Maxwell, la grange- étable du domaine Bois-de-la-Roche rappelle l’existence de fermes sur l’île. « On laisse dépérir ça, et il y a tellement de bonnes choses à faire, alors qu’on parle d’agriculture urbaine à tour de bras. »

Héritage Montréal profitera désormais de sa liste annuelle pour signaler aussi les « bons coups » de l’année terminée, annonce M. Bumbaru. 2013 a vu la restauration de l’enseigne lumineuse Farine Five Roses, la sauvegarde du planétarium Dow et du Horse Palace de Griffintown. Comme quoi l’exercice de HM sert moins à « montrer du doigt » qu’à soulever les enjeux liés au patrimoine et à trouver des solutions.