Double avant-goût du printemps festivalier

Le Festival TransAmériques (FTA) s’est fait généreux, pour cette dernière édition sous la gouverne de Marie-Hélène Falcon, en prédévoilant non pas quatre mais sept des spectacles de l’événement printanier montréalais. Deux d’entre eux sont coprésentés par le Carrefour international de théâtre à Québec : Germinal, d’Antoine Defoort et Halory Goerger, et la trilogie du Nouveau Théâtre Expérimental, L’histoire révélée du Canada français 1608-1998, dont le dernier volet sera créé pour l’occasion.

« J’ai souhaité que cette édition soit à l’image de ce que l’événement a toujours été, a affirmé la directrice artistique du FTA, en soulignant le caractère « spécial » de ce dernier tour de piste pour elle. C’est encore une fois l’exploration de la condition humaine, de l’identité et de notre rapport au monde qui est le cœur de ce festival. »

Côté danse d’ici, Paul-André Fortier partagera la scène avec Robin Poitras dans Misfit Blues. Mme Falcon se permet deux reprises d’artistes récemment primés. Daniel Léveillé revient présenter ses Solitudes Solo coproduites par le plus récent FTA, mais reportées en saison régulière à cause de blessures de danseurs. Benoît Lachambre offrira à nouveau son solo essentiel Snakeskins.

Un triplé français pose les jalons du programme étranger. Le jeune metteur en scène français Julien Gosselin s’approprie le roman phare de Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, « coup de foudre retentissant [qui] a ébranlé » le Festival d’Avignon l’été dernier, selon Mme Falcon. La production prend la forme éclatée d’un concert rock.

Le chorégraphe Christian Rizzo renoue à sa manière avec des danses ancestrales de la Méditerranée dans D’après une histoire vraie, pour huit danseurs et deux batteurs. En coprésentation avec le Carrefour à Québec, la troupe L’Amicale de production, au FTA 2012 avec &&&&& & &&&, revient démonter la mécanique de la création avec Germinal, qui relate rien de moins que la création de l’humanité, ou plutôt, d’une humanité.

Avec un grand H

Autre production partagée, L’histoire révélée du Canada français 1608-1998 du NTE explore l’âme nationale à travers ses petits et grands bouleversements, de la fondation de Québec à la crise du verglas. Aux deux premiers volets déjà présentés s’ajoutera le dernier, Le pain et le vin. Ce sera l’occasion de voir toute la saga d’une durée de sept heures.

« Il faut refaire de la mémoire un combat. Mais quelle mémoire ? », a lancé le dramaturge et comédien Alexis Martin au prélancement du FTA en soulignant le « rapport de nonchalance, voire d’indifférence » du Québec face à sa propre histoire.

« Cette année, expliquait au Devoir Marie Gignac, la directrice artistique du Carrefour international de théâtre, après sa propre conférence de presse depuis la capitale, la notion d’Histoire, avec un grand H, semble être prédominante ; des histoires qui racontent l’Histoire. » C’est aussi le cas, mais de manière différente, dans La fureur de ce que je pense imaginé par Sophie Cadieux et Marie Brassard à partir de l’œuvre de Nelly Arcan, et The Tempest Replica dans laquelle la chorégraphe Crystal Pite réinvente l’œuvre de Shakespeare.

Le reste des programmations des deux festivals suivra le 24 mars pour le FTA et le 16 avril pour le Carrefour.