Le calendrier Pirelli fête un demi-siècle de clichés exclusifs

Pour le cinquantième anniversaire de son calendrier, Pirelli propose des clichés de l’édition de 1986 du photographe Helmut Newton qui n’ont jamais été publiés.
Photo: Helmut Newton /Pirelli Pour le cinquantième anniversaire de son calendrier, Pirelli propose des clichés de l’édition de 1986 du photographe Helmut Newton qui n’ont jamais été publiés.

Simple collection de pitounes, le calendrier Pirelli ? L’objet, qui fête ses 50 ans, a pourtant mis en vitrine les plus grands noms de la photographie, de la mode et du jet-set qui ont contribué à l’élaboration de cet ouvrage mythique, l’un des plus attendus des amateurs de photographie. Retour sur un demi-siècle de clichés exclusifs.

 

C’est en 1964 que Pirelli, le fabricant italien de pneus, publie le premier d’une longue série de calendriers à tirages confidentiels, mais aux budgets astronomiques. Un calendrier d’élite, illustré chaque année par un photographe d’élite et destiné, hors commerce, à une clientèle non moins élitiste. Les plus grandes actrices, comédiennes et mannequins, à conjuguer parfois au masculin, se feront témoins de l’évolution de notre regard, que ce soit en termes de « locations » (prononcer « loca-chionne », à la manière de nos cousins d’outre-mer), ces lieux de tournages autrefois insolites et que le tourisme de masse rendrait désormais presque banals, ou comme témoin de notre tolérance à la nudité, depuis les premiers seins nus apparus en 1972 en pleine révolution sexuelle, jusqu’à aujourd’hui.

 

Aujourd’hui ? Pas exactement, puisque pour célébrer le 50e anniversaire de sa publication, Pirelli propose les clichés jamais publiés de l’édition de 1986 illustrée par le légendaire Helmut Newton, photographe d’origine allemande disparu en 2004 à Los Angeles. Retour vers le futur : au printemps 1985, pour des raisons diverses, deux photographes furent mandatés pour illustrer le Pirelli 1986, Helmut Newton et Bert Stern, une autre légende de la photographie. Bert Stern, grand écosseur de chair fraîche, « le photographe qui a mis Marilyn à nu » titrait la presse spécialisée lorsqu’il nous quitta discrètement, l’été passé. Les clichés de ce dernier furent retenus à l’époque, ceux de Newton mis en voûte. Pourquoi ? Le choix de la campagne italienne manquait d’exotisme selon les uns, d’autres affirmant que le pneu, le logo, la marque, qui étaient traditionnellement à peine suggérés, seront trop affirmés sous l’oeil de Newton. Il n’en reste pas moins que dix ans après la mort du photographe, 2014 sera un sacré millésime, déjà objet de culte et de toutes les convoitises.