Phyllis Lambert cède la présidence du CCA

Fière et émue, Phyllis Lambert a dit qu’il s’agissait d’un grand moment pour elle.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Fière et émue, Phyllis Lambert a dit qu’il s’agissait d’un grand moment pour elle.

Phyllis Lambert, passionnée d’architecture et d’urbanisme, cède les rênes du Centre canadien d’architecture (CCA) à l’architecte torontois Bruce Kuwabara.

 

Si la présidente et fondatrice de cette institution phare créée en 1979 passe le flambeau, ce n’est pas pour prendre une retraite bien méritée. « Pas du tout ! Je reste active dans plusieurs dossiers et présente au conseil », a-t-elle précisé.

 

À 86 ans, la fondatrice du CCA juge qu’elle a un agenda de conférences trop rempli pour rester associée à la gestion quotidienne de son bébé.

 

Mme Lambert est très affairée depuis la parution de son livre Building Seagram, paru le printemps dernier. Le bouquin relate l’histoire de la construction de l’édifice Seagram, dont elle a assuré la planification à l’âge de 27 ans, recrutant Mies van der Rohe pour mettre au monde l’icône new-yorkaise.

 

Mme Lambert, qui demeure membre émérite du conseil des fiduciaires, estime « avoir accompli tous ses objectifs » en dotant le CCA d’une notoriété internationale.

 

La relève sera assurée par Bruce Kuwabara, architecte décoré de l’Ordre du Canada en 2012. Ce dernier a notamment signé la réalisation du « quartier » de l’Université Concordia, de l’École nationale de ballet à Toronto et du Musée canadien de la nature.

 

« Le CCA va continuer de provoquer et d’inspirer. C’est un endroit qui célèbre l’architecture, mais aussi la société », a-t-il dit, ajoutant que le Centre gardera sa vocation internationale tout en étant « branché sur Montréal ».

 

M. Kuwabara, qui siégeait depuis six ans au conseil, souhaite rejoindre un plus large public tout en préservant la « très grande qualité du contenu » du CCA.


Empreinte

 

Fière et émue, Phyllis Lambert a dit qu’il s’agissait d’un grand moment pour elle, tout comme l’avait été, en 2001, sa décision de quitter la direction.

 

Jean-Louis Cohen, membre du conseil des fiduciaires, décrit ainsi l’empreinte laissée sur le CCA par Mme Lambert : « Ce que je retiens, c’est sa passion dévorante pour l’architecture, les idées et la réflexion. Très peu de gens au monde ont la conviction aussi profonde que nos vies résultent de la rencontre entre la culture et le bâti. »

 

Mme Lambert a cette conviction en entrevue, insistant sur le rôle joué par le CCA. « On apprend les maths et l’histoire de l’art. Mais l’architecture, les gens n’en mesurent pas l’impact quotidien. Notre rôle, c’est d’ouvrir les gens à autre chose pour qu’ils demandent à leurs gouvernements de faire mieux. Avec le CCA, on en parle, ça commence à entrer dans le discours. »

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