Site patrimonial de Sillery : Québec oblige des promoteurs à revoir leurs projets

Le ministre Maka Kotto
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Le ministre Maka Kotto

Le verdict du ministre de la Culture Maka Kotto au sujet de deux projets immobiliers sur le site patrimonial de Sillery, à Québec, est tombé mercredi. Un des deux promoteurs pourra aller de l’avant sous certaines conditions, tandis que l’autre essuie un refus.

 

Le projet Woodfield, qui prévoit la construction de près de 100 condos, répond aux exigences du ministre en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Son promoteur devra toutefois s’engager à protéger et à mettre en valeur le boisé.

 

À l’opposé, les quelque 300 condominiums prévus dans le projet Domaine Sous les bois essuient un échec. Au cabinet du ministre Kotto, on indique que le projet « n’est pas acceptable dans sa forme actuelle » et qu’il aurait un impact négatif sur les caractéristiques patrimoniales du secteur. L’« ampleur » du projet et la protection inadéquate des boisés figurent parmi les éléments montrés du doigt, indique-t-on, sans préciser davantage la nature des changements réclamés.

 

Le promoteur du projet ne comprend pas la décision du gouvernement. « Ils veulent qu’on revoie notre projet, mais le comment, c’est loin d’être clair, affirme Marc Simard, visiblement décontenancé. Eux-mêmes ne le savent pas. »

 

Il a l’intention d’attendre les demandes du ministère, mais rappelle que le terrain qu’il a acquis en 2012 auprès des Soeurs de Jésus-Marie lui appartient toujours. « Pas d’entente, pas de parc », ajoute M. Simard au sujet du parc linéaire réclamé par des groupes de citoyens. Ceux-ci exigent également qu’on limite au minimum le développement immobilier.

 

Le promoteur propose plutôt de céder gratuitement au gouvernement un terrain de 300 000 pieds carrés, ce qui permettrait selon lui l’aménagement d’un parc semblable, mais plus petit.

 

Construction ou protection

 

Le site patrimonial Sillery, décrété comme tel en 1964, est au coeur d’un débat qui oppose depuis plusieurs années des promoteurs immobiliers aux citoyens qui souhaitent la protection du secteur.

 

Pour sa part, la Ville de Québec est favorable au développement de 8 % des terrains, mais tient à la préservation de ceux qui se trouvent près de la falaise pour en faire un lieu public.

 

Le gouvernement a mis sur pied en début d’année une consultation publique, qui a mené à la présentation en juillet dernier du plan de conservation du site patrimonial. Parmi ses nombreuses orientations, celui-ci favorise les nouvelles constructions « s’inspirant des caractéristiques historiques du milieu d’insertion, sans imiter les bâtiments existants, de manière à affirmer son époque de construction ».

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