Le tome II de la bande dessinée au musée

Une planche originale du bédéiste Réal Godbout inspirée d’un paysage de Marc-Aurèle Fortin
Photo: La Pastèque/MBAM Une planche originale du bédéiste Réal Godbout inspirée d’un paysage de Marc-Aurèle Fortin

Le premier chapitre ne pouvait pas rester sans suite. Après avoir fait son entrée au musée, le 5 novembre dernier, dans une exposition consacrée aux quinze ans de la maison d’édition La Pastèque, la bande dessinée québécoise se prépare désormais à y rester pour de bon. En effet, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) cherche à intégrer dans sa collection permanente les oeuvres de bédéistes exposées en ce moment, a appris Le Devoir.

 

Cette acquisition majeure de quinze oeuvres dessinées, entre autres, par Michel Rabagliati, Jean-Paul Eid, Réal Godbout et Isabelle Arsenault va faire entrer pour la première fois des oeuvres du neuvième art québécois dans le catalogue du musée. Elle écrit également le tome II de cette aventure muséale dans laquelle la bande dessinée voit sa valeur artistique une nouvelle fois confirmée.

 

Le processus d’acquisition vise les oeuvres accrochées au mur de l’institution muséale dans le cadre de l’exposition intitulée La BD s’expose au Musée. Jusqu’en mars, quinze artistes y dévoilent des planches dessinées liées à quinze oeuvres de la collection permanente du MBAM. Rabagliati s’est frotté à une toile de Miró, Isabelle Arsenault croise le monde de Jean-Paul Lemieux, Paul Bordeleau s’amuse autour d’une huile de Serge Lemoyne et Patrick Doyon avec un bronze de Barry Flanagan. Pour ne citer qu’eux.

 

Selon les informations obtenues, l’ensemble de ces créations originales fait l’objet d’une évaluation formelle de la part du MBAM qui souhaite en faire l’acquisition sous la forme d’un don effectué par les auteurs. La Pastèque a orchestré la chose. Cette démarche va, à terme, permettre à ces oeuvres de côtoyer dans les réserves du musée les Bertram Brooker, Marc-Aurèle Fortin, Alex Colville, John Vassos, Charles Daudelin, Sylvia Daoust qui ont inspiré leur création, mais aussi permettre leur utilisation future dans le cadre d’expositions thématiques ou rétrospectives honorant ces différents artistes visuels.

 

« C’est une très bonne nouvelle, a résumé le bédéiste Pascal Girard, joint par Le Devoir. Le musée est certainement le meilleur endroit pour conserver mes planches, puisque je suis assez brouillon en matière de conservation moi-même. »

 

L’intégration de ce nouveau corpus dans la collection du MBAM va se faire sous la forme des premières impressions couleur en haute résolution de ces oeuvres, a indiqué M. Rabagliati. Le mode de production de la bande dessinée, moitié sur papier pour le crayonné, moitié sur ordinateur pour la mise en couleur, rend difficile et moins signifiante l’acquisition d’une création au processus partiellement dématérialisé.

 

L’annonce officielle de cette mise en archives dans ce haut lieu de la conservation de l’art des quinze oeuvres de bande dessinée devrait être faite dans les prochains mois.