Un rapport «imposant»

«On a un document qui nous permet de réfléchir et d’aller plus loin, juge le directeur général du Musée de la civilisation, Michel Côté. Il pose de bonnes questions: comment le milieu doit se structurer, se professionnaliser. »
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir «On a un document qui nous permet de réfléchir et d’aller plus loin, juge le directeur général du Musée de la civilisation, Michel Côté. Il pose de bonnes questions: comment le milieu doit se structurer, se professionnaliser. »

Le milieu muséal salue dans l’ensemble le travail abattu par le groupe d’experts qui s’est penché sur l’avenir de son réseau d’institutions. La Société des musées québécois juge toutefois le redressement financier timide pour 2014-2015, dans le contexte de crise qui secoue le réseau.

 

« C’est un travail imposant, qui comprend de nouvelles avenues », affirme Michel Perron, le président de la Société des musées québécois, qui représente quelque 400 institutions du Québec excluant les trois musées nationaux - Musée national des beaux-arts du Québec, Musée d’art contemporain de Montréal, Musée de la civilisation (MDC) - et le Musée des beaux-arts de Montréal.

 

Déposé mardi, le rapport de 61 recommandations du Groupe de travail sur l’avenir du réseau muséal invite d’abord le gouvernement à un rattrapage financier de 2,1 millions de dollars dès 2014, puis à une bonification de 8 millions du programme Aide au fonctionnement des institutions muséales reconnues. Lors des états généraux sur les musées, le milieu avait conclu qu’il manquait 18 millions seulement en rattrapage d’indexations.

 

« Notre plus gros bémol porte sur l’année 2014-2015, indique M. Perron, qui trouve minimaux les 2,1 millions octroyés alors qu’il y a crise dans le milieu. Et on comprend que le rattrapage de l’indexation concerne les musées qui recevaient déjà des sommes. Ça occulte une partie du problème à régler : les institutions reconnues mais non soutenues. »

 

Le président y va de prudence, puisqu’il comprend que les échéances sont liées aux systèmes d’agrément enchâssés dans une loi que le rapport suggère aussi d’instaurer. Il estime que l’ampleur des remaniements institutionnels proposés demande d’ailleurs plus de temps d’analyse.

 

Un pas en avant

 

« On a un document qui nous permet de réfléchir et d’aller plus loin, juge le directeur général du MDC, Michel Côté. Il pose de bonnes questions : comment le milieu doit se structurer, se professionnaliser. »

 

Si la question du financement demeure centrale puisque la crise secoue aussi les musées nationaux - « on a la même subvention depuis 25ans », dit-il -, ceux-ci se montrent toutefois plus satisfaits de l’injection de 8 millions de dollars proposée dans leur cas. M. Côté se réjouit des diverses mesures financières qui s’y greffent, comme la création d’un fonds pour les expositions d’envergure internationale et la révision du pacte fiscal.

 

« Ça nous permettrait de faire un pas en avant en matière de consolidation, souligne-t-il à ce dernier titre. Les taxes municipales, c’est un gros enjeu. Ça représente 14 % de notre subvention. »

 

Reste à voircomment le ministère de la Culture et des Communications traduira ces propositions en priorité. Dès le dépôt du rapport mardi, le ministre Maka Kotto promettait d’y donner suite « rapidement ».

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