Caillou en timbre-poste

Caillou en 1989, il y a 24 ans, dessiné par Hélène Desputeaux
Photo: Hélène Desputeaux Caillou en 1989, il y a 24 ans, dessiné par Hélène Desputeaux

Pour poursuivre sa série sur la littérature canadienne pour enfants, Postes Canada a annoncé l’émission pour 2014 d’une série de timbres-poste soulignant le 25e anniversaire du personnage de Caillou. Après avoir rendu hommage aux personnages de Benjamin la tortue et de Stella, respectivement créés par le duo Paulette Bourgeois -Brenda Clark et par Marie-Louise Gay, Postes Canada entend poursuivre ainsi sa série de héros des tout-petits.

 

C’était oublier que Caillou, le p’tit bonhomme au coco nu, a été l’objet d’un litige en droits d’auteur. L’illustratrice originale, Hélène Desputeaux, a vu son personnage continuer sa route sans elle en 1996. Le micro-héros vit depuis une vie parallèle hyperpopulaire aux éditions Chouette, partout sur le marché international, et grâce aux droits télévisuels cédés à Cinar. Caillou vient d’ailleurs d’arriver, il y a six mois, en Chine. Une entente à l’amiable confidentielle fut conclue entre les parties après dix ans de débats judiciaires.

 

Postes Canada a contacté les éditions Chouette pour obtenir les droits de reproduction. Celles-ci, honorées, ont accepté. Au grand désarroi d’Hélène Desputeaux, qui a appris samedi sur Internet que son personnage lui échappait encore une fois. « Je suis sous le choc, a-t-elle confié au Devoir. J’essaie de digérer la chose. Ce qui me choque, c’est qu’on défait l’histoire. Si l’idée c’est de souligner les 25 ans d’un personnage dessiné, ben il y a 25ans, en avril 1989, c’est mon personnage à moi qui existait sous le nom de Caillou. Il n’y a que moi qui le dessinais alors. Il n’y a pas de respect de l’image et du créateur. C’est comme si je n’avais jamais existé. »

 

« Il y a trois Caillou : celui de Mme Desputeaux, celui de Chouette et celui de Cinar », a indiqué l’avocat d’Hélène Desputeaux, maître Normand Tamaro. Ces trois Caillou peuvent exister en même temps, mais personne ne peut prétendre avoir des droits sur celui de Mme Desputeaux, alors que les autres découlent du sien. »

 

Une page d’appui à l’oeuvre d’Hélène Desputeaux a été créée sur Facebook de façon indépendante par la présidente de l’Association des écrivaines et écrivains québécois pour la jeunesse, Laïla Heloua, invitant les internautes à se plaindre sur la page Facebook de Postes Canada. Plusieurs messages de Mme Heloua et d’autres intervenants auraient été censurés sur cette page durant la journée. Le Devoir a aussi vu la question de sa journaliste sur l’utilisation de Caillou être effacée de cette page. Pour tous commentaires, Anick Losier, directrice des relations médias de Postes Canada, a précisé par courriel que l’institution travaillait « avec les détenteurs des droits de reproduction, Les Éditions Chouette, pour produire le timbre de Caillou. En fait, c’est notre processus habituel pour tous nos timbres. Par exemple, lorsque nous avons émis des timbres pour souligner le 75e anniversaire de Superman au mois de septembre dernier, nous avons obtenu les approbations de Warner Brothers ». Postes Canada n’a pas répondu aux allégations de censure sur sa page Facebook.

À voir en vidéo