L’an 1 de la Loi sur le patrimoine culturel : bilan mitigé pour le patrimoine vivant

À l’heure de célébrer ses 20ans, le Conseil québécois du patrimoine vivant (CQPV) trace un bilan mitigé de la première année d’application de la Loi sur le patrimoine culturel. Aucun élément du patrimoine immatériel (les pratiques culturelles), nouvellement inclus dans la loi, n’a fait son entrée au registre de l’État. Et peu ou prou de ressources supplémentaires sont venues aider les organismes pour mieux le faire valoir.

 

« Il y a eu zéro désignation par l’État, zéro identification par les municipalités, et aucune bonification des enveloppes dédiées au fonctionnement des organismes de patrimoine immatériel au Québec, qui sont vraiment très sous- financés », résume au Devoir Antoine Gauthier, président du CQPV, à la veille des célébrations entourant le 20e anniversaire.

 

Depuis un an, quelque 165 000 $ ont été octroyés pour des projets d’inventaires ou de mise en valeur de la culture traditionnelle à l’échelle de la province - sur l’enveloppe globale de 650 000 $ couvrant toutes les nouvelles formes de patrimoine incluses dans la loi (personnages historiques, lieux et événements historiques, pratiques culturelles, paysages).

 

« C’est des grosses pinottes par rapport aux besoins, dit-il. C’est à peu près ce que Québec a donné pour rénover les jeux d’eau du petit village de Saint-Charles-Borromée. »

 

État des lieux

 

Ce « bilan mitigé en termes de résultats » ne tient pas compte, bien sûr, des intentions et des projets en cours au ministère de la Culture et des Communications (MCC), tient à souligner celui qui se montre malgré tout assez certain que le vent tournera bientôt, avec l’aide du ministère.

 

Car ce samedi, l’organisme dévoile les résultats d’un important état des lieux du patrimoine vivant, en présence du MCC. Ce premier portrait qualitatif et chiffré du milieu confirme qu’il se trouve tout au bas de l’échelle du financement par rapport à tous les organismes en culture.

 

« Si le patrimoine immatériel est d’une importance telle qu’on l’ajoute à la loi, on s’attend à ce qu’il y ait des changements à ce niveau-là », affirme M. Gauthier.

 

Les résultats de l’étude montrent aussi que la musique traditionnelle représente 1 % des ventes d’enregistrements de musique au Québec.

 

« Tout ce qu’on veut, c’est que ça représente aussi 1 % de l’enseignement de la musique, dit M. Gauthier. Il n’y a pas de raison que sur les 70 millions de dollars octroyés à l’enseignement de la musique, excluant le primaire et le secondaire, il n’y ait pas une petite portion des ressources et des professeurs qui soit consacrée la musique traditionnelle. »